La pensée est-elle matérielle ?

Cette question m’a été posée par ma femme hier et puisqu’elle semblait lui turlupiner sérieusement l’esprit, je veux ici, esquisser une réponse pour elle et pour toutes les gens qui se poseraient la question.

Les questions relatives à la dualité corps/esprit de l’homme sont depuis très longtemps, les problèmes dont raffolent les philosophes ; et plus loin, il ne s’agit pas de la simple dualité humaine, mais de toute la dualité existentielle : celle du monde. Toutefois, nous ne voulons pas ici traiter de ce problème, nous voulons seulement résoudre cette question de notre sujet : « La pensée est-elle matérielle ? ». Cette question pose clairement le problème de la nature physique – considérée comme science – de la pensée. En effet, la pensée serait-elle quelque chose d’immanent, d’empirique, d’expérimentale par les sens ? Se donne t-elle à intuitionner par ces derniers ? Est-elle un agrégat de protons de neutrons et de nucléons ? Ou, plus loin, selon les axiomes de la physique quantique, la pensée serait-elle un flux qui soit temporairement unifié ou de la simple énergie ? Toutes ces questions n’ont qu’un but, celui de déployer le problème et de nous en faire saisir toute la complexité car en effet, cette question peut paraître banale, mais à y regarder de plus près, elle est infiniment complexe.

**

Nous ne saurions répondre à de pareilles questions et résoudre ainsi le problème de la constitution physique de la pensée qu’en éclaircissant au préalable l’idée même de matière. En effet, qu’entendons-nous par le terme matière et, plus loin, qu’est-ce que la matière exactement ? Ce n’est qu’une fois cette question résolue que nous pourrons maintenant inférer nos déterminations à la pensée.

En ce qui concerne la question de la matière, il y deux approches définitionnelles possibles. D’abord, celle de la physique classique et plus proche de nous, celle de la physique quantique.

Commençons par exposer le postulat de la physique classique. L’idée de matière est celle d’un corps « solide », « fini », ayant des « propriétés » physiques et/ou dynamiques et qui est étendu. Ces caractéristiques sont clairement exposées par Descartes dans ses « Méditations Métaphysiques » où il écrit :

« En premier lieu, j’imagine distinctement cette quantité que les philosophes appellent vulgairement la quantité continue, ou bien l’extension en longueur, largeur et profondeur, qui est en cette quantité, ou plutôt en la chose à qui on l’attribue. De plus, je puis nombrer et attribuer à chacune de ces parties toute sortes de grandeurs, de figures, de situations et de mouvements ; et enfin, je puis assigner à chacun de ses mouvements toutes sortes de durées »[1]

L’idée de matière est donc celle d’une « substance » différente de l’homme et comme l’écrit M. Carfantan :

« Au sens primitif, la matière désigne « les objets naturels que le travail de l’homme utilise ou transforme en vue d’une fin ; L’idée de matière renvoie donc à une existence qui précède celle de l’homme, celle de la Nature et à celle des formes d’existence qui la constitue »[2]

Mais cette conception de la matière n’est pas à mettre à l’actif de Descartes, dès les premières spéculations philosophiques grecques, cette idée est présente. La tradition matérialiste et atomiste de la Grèce rend bien compte de cette conception de la matière. En bref, la matière c’est tout ce qui est palpable, étendue et sujette à l’intuition sensible. Les recherches dans ce sens, notamment en physique classique et en chimie vont confirmer ces hypothèses ; notamment celle selon laquelle l’atome est la plus petite unité matérielle et que cette dernière est « indivisible » ; c’est d’ailleurs le sens du mot atome en grec : a-tomos. Il va falloir attendre la fin du XIXè siècle pour que cette considération de l’atome comme particule indivisible soit remise en cause. C’est à cette époque qu’on découvre les “électrons” dont la masse est environ 2000 fois plus petite que celle de l’atome d’hydrogène. Cette nouvelle découverte va amener un changement radical de la perception de la matière dans le champ physique et c’est celui qui a le plus dominé. Mais puisque la science n’est qu’une suite de consensus et que ceux-ci se font, mais surtout se défont, deux théories vont venir porter le coup fatal à cette perception de la matière. D’abord, la théorie de la relativité d’Einstein et ensuite, la théorie quantique.

Ces deux théories ruinent définitivement tout fondement classique de la matière en réussissant à défragmenter encore les protons, les neutrons et les électrons. L’idée est que la matière n’est qu’énergie, une onde, un champ d’énergie localisé. C’est ce qui pousse M. Carfantan à écrire par exemple :

« Au lieu de décrire la matière sous la forme de briques fondamentales, il vaut mieux la considérer sous l’angle de forces présentes dans l’univers et considérer les interactions des forces constitutives de ce que nous appelons les objets. » [3]

Einstein avait déjà ouvert la voie en ramenant tout à de l’Energie par sa formule E=mc2 même s’il existe bien plus d’une façon d’analyser ces propos. En effet, Einstein ne nie pas la matière au sens classique. Le m de cette équation est bien la « masse » d’un objet qui, multipliée par le carré de la vitesse de la lumière, produit de l’énergie. C’est-à-dire que pour qu’il y ait énergie (E), il faut inévitablement qu’il existe un corps solide d’une masse quelconque. Attention, ici, il faut que nous nous expliquions un peu. Le fait que le corps dont la masse va être utilisée pour produire de l’énergie est matériel ne veut en aucun cas dire que ce corps, il serait bien d’utiliser le terme de molécule, doit être indestructible, au contraire, elle est même pour le fait que cette molécule puisse devenir autre chose, une autre forme d’énergie etc., pour ne plus être à la fin qu’un flux. Mais qu’est-ce qu’un flux ? Ce serait là la question fatale que nous ne voulons aborder ici – cette préoccupation dépassant largement le cadre de ce travail d’ordre quantique –. Donc Einstein ouvre la voie à la décomposition radicale de la matière en particules d’énergie tout court. Il n’est plus besoin de trouver un substrat a-tomique qui ne puisse être désintégré à son tour. Le voile est tombé sur la matière. Et le coup fatal est la théorie quantique. Cette théorie qui vient réhabiliter le vide. Pour la théorie quantique, le vide est une entité dynamique dans laquelle viennent s’entrechoquer la matière et l’antimatière. Ce postulat permet un autre : l’identité  foncière du temps et de l’espace sous l’ensemble inséparable qui porte le nom de « continuum spatio-temporel ». Le continuum spatio-temporel, c’est le « vide quantique » qui est défini ainsi par Capra (Le « Tao de la Physique ») :

« La distinction entre matière et espace vide a dû être abandonnée lorsqu’il devint évident que des particules virtuelles peuvent spontanément procéder du vide et y disparaître à nouveau sans qu’aucun nucléon ou autre particule de forte interaction ne soit présent. Voici un « diagramme du vide », un antiproton (p), un proton (p) et un pion(sont formés à partir de rien et disparaissent à nouveau dans le vide. Selon la théorie du champ, les événements de cette sorte se produisent continuellement. Le vide n’a rien à voir avec le néant Au contraire, il contient un nombre illimité de particules qui naissent et disparaissent sans fin »[4]

La matière apparaît donc, depuis ces nouvelles découvertes, comme rien d’autre qu’un flux d’énergie localisé, une perception mitigée de la réalité. En clair, il n’existe pas de « matière » objective telle que nous l’a présenté la physique classique, mais seulement un enchevêtrement complexe du flux de l’univers dans le vide quantique, un mouvement perpétuel de la matière et de l’antimatière. La matière n’est donc rien « d’objectif » en tant que ce terme signifie « pris en soi » et séparé du reste de l’univers. La physique quantique professe plutôt que tout est lié et que tout participe de l’Un. On revient aux théories de Parménide en Grèce. Mais le comble de la théorie quantique c’est de poser une intelligence à l’origine du monde puisqu’en posant que le vide quantique est un flux dynamique, un endroit de « désordre » où les quantas sont sans cesse bombardés, il reste que comment est-ce que l’agrégat est possible puisqu’il semble bien que la matière est une sorte de « repos » des quantas ; or le repos c’est l’ordre, la relation et comme l’intelligence sert d’abord à relier et que l’univers primordial est un désordre, on peut donc légitimement penser qu’une intelligence a « ordonné » le monde depuis le désordre quantique primordial. C’est là que veut aboutir la théorie quantique, mais analyser les remous d’une pareille position n’est pas notre objectif. Contentons-nous de remarquer que la perception de la structure de la matière a bel et bien changé depuis les postulats classiques, jusqu’à ceux quantiques, en passant par les postulats modernes de la physique. Toutefois, même si ces théories s’expliquent sur la formation de la matière et que la théorie des quantas est plausible, il reste un fait : comment est perçue la matière ?

A cette question, nous répondons que la matière est perçue comme solide, finie, étendue, etc. et que là résident ses propriétés. Attention, nous ne disons pas que la matière est solide, étendue, etc., nous parlons bel et bien de « perception », c’est-à-dire de la manière dont elle se donne à nous. La question de la matérialité de la pensée, même depuis le postulat quantique, est bel et bien un problème de perception et non de conception puisqu’il semble clair que du point de vue de la structure, rien n’est « solide » en soi, c’est-à-dire dans la constitution, mais la matière nous apparaît solide à cause du repos – perçu – de ses constituants quantiques. Nous en resterons là. Nous reconnaissons la théorie quantique et en même temps nous remarquons que la matière se donne à intuitionner sur le mode solide, comme résolution de tensions primordiales du vide quantique, même si ces résolutions ne sont elles aussi qu’éphémères et subjectives dans la perception de l’objet. Nous nous en tiendrons donc à la perception matérielle et non à la constitution de la matière. Cette restriction nous permet de reformuler ainsi la question de départ : la pensée se donne t-elle à percevoir sur le mode solide ?

A cette nouvelle question, nous pouvons aisément répondre par la négative car en effet, la pensée ne se donne pas à nous tel que l’a déterminé la physique classique. Toutefois, la pensée peut prendre des expressions matérielles ; elle peut devenir un mot, parlé ou écrit. Dans le premier cas, elle représenterait un son, c’est à dire une déformation de l’air, une onde produit par la collision et la tension des cordes vocales. Dans le second cas, elle représenterait un graphisme à l’encre ou au pixel ou alors toute déformation s’un support matériel existant par un autre support pour produire des formes scripturales, mais toutes ces façons de matérialiser la pensée ne sont pas la pensée puisque la pensée n’est pas ni un son ni un graphisme ; elle est une onde produite par l’excitation des neurones sous l’effet du flux nerveux et même jusque là, les neurones et le flux nerveux ne sont pas la pensée, mais ses origines matérielles. Définitivement donc, nous pouvons refuser la matérialité à la pensée même si, dans sa production psychique, elle prend appui sur la matière et dans sa réalisation, elle se décline sur la forme matérielle. Mais ni l’origine ni la finalité d’une chose ne sont la chose ; ainsi la matérialité évidence dans la production et dans l’expression de la pensée ne garantit en rien le fait que cette dernière soit matérielle. On pourrait ici penser qu’on a oublié la physique quantique et ses postulats, mais il n’en est rien, nous ne voulons pas savoir de quoi est formée la matière, mais comment est-ce qu’elle nous apparaît, et à cette question, nous avons clairement répondu qu’elle nous apparaissait, sous le couvert de la théorie quantique, comme une zone de repos ou de tensions réduites qui faisait croire à quelque chose de solide. La matière apparait donc comme du solide, mais dans ce mot, il ne faudrait pas comprendre que le liquide et le gazeux n’est pas matériel ; il n’en est rien ! Le solide pour nous c’est sur le plan de la constitution des quantas et non sur le plan physique. Le solide c’est l’agrégat des molécules d’atomes pour parler comme en physique moderne, ou l’absence de tension sur les quantas.

* **

Faisons-donc le point. A la question de la nature physique de la pensée, nous avons parcouru les diverses théories de la physique sur la question de la matière. Depuis les postulats classiques jusqu’à ceux quantiques en passant par les modernes. De l’évolution de la physique, il est clair que la conception de la matière a elle-même changée. Il semble que la nouvelle donne physique soit à comprendre la matière comme un repos de tensions dans le vide quantique et une partie du Tout universel donc le flux ne serait jamais en arrêt. Celle nouvelle orientation est due aux postulats de la théorie quantiques qui fait actuellement l’unanimité en physique. Il semble même que certains philosophes s’en soient inspirés pour faire chuter le matérialisme. Mais toutes ces théories nous exposent la constitution de la matière et non sa perception alors que le problème soulevé par la question du sujet est bien d’ordre perceptif. En effet, il ne s’agit pas de se demander, de quoi est composée la pensée, mais bien, comment est-ce que la pensée nous apparait-elle. Est-ce sous la forme solide, ou alors sous une forme idéelle ? A cette question, nous avons répondu que la pensée n’est pas matérielle même si elle prend sa source dans la matière et atteint son expression la plus aboutie dans cette dernière considérée, selon la théorie quantique, comme une zone de résolution de la tension dynamique fondamentale du vide quantique.

Jean Eric BITANG

Douala, 15 août 2010.


[1] Descartes, Méditations Métaphysiques, traduction depuis le Latin par Florence Khodoss, 6è éd., Paris, PUF/Quadrige, 2004, p. 97.

[2] Serge Carfantan, Philosophie et spiritualité, leçon 96 : « Physique, matière et conscience », http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/matiere.htm, consulté le 15/08/2010.

[3] Ibidem. Souligné dans le texte.

[4] Ibidem. La page de M. Carfantan contient une image: « Le diagramme du vide » qu’il faudrait associer à la présente citation.

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13 Responses to “La pensée est-elle matérielle ?”


  1. 1 lucastissier 13 mars 2014 à 3:27

    Bonjour,
    Merci pour toutes ces explications, cependant je ne suis pas certain de comprendre la réponse finale à la question initiale. Pouvez vous m’aider sur ce point ; d’après vous, est-il possible de décoder la penser pour la retransmettre sur un support matériel? L’analyse de l’activité cérébrale permettrait-elle une interprétation rationnelle?

    • 2 jeanericbitang 21 mars 2014 à 3:08

      Bonjour Monsieur Tissier?
      J’ai écrit que la pensée n’est pas matérielle, ce n’est pas une donnée qu’on peut quantifier. Je crois qu’on peut décoder la pensée sur la retransmettre sur un support matériel. N’est-ce pas ce qu’on fait chaque fois qu’on écrit? Ou entendez-vous autre chose par ce mot de « retransmettre »? C’est le problème de la philosophie de l’esprit de résoudre la question de l’interprétation rationnelle de l’activité cérébrale. Malheureusement, je ne peux pas m’avancer bien loin dans ce domaine.

      • 3 JEAN CLAUDE LEROULLEY 22 décembre 2014 à 8:55

        Bonjour Monsieur Bitang,
        Je me suis posé cette question depuis bien longtemps et je suis arrivé à la même conclusion. Maintenant, je cherche à aller plus loin en étudiant les conséquences. Et puisque vous êtes philosophe, je vous pose la question : à votre avis, est-ce que les idées, nos pensées procèdent de la métaphysique? Auquel cas, un univers métaphysique contrôlerait nos actes et, par conséquent, l’univers matériel. Je précise que mon propos est uniquement philosophique sans aucun sous-entendu religieux ou sectaire.; juste pour le plaisir de la recherche pure.
        Cordialement
        JCLR

      • 4 jeanericbitang 23 décembre 2014 à 2:54

        Bonjour M. Leroulley, je crains de ne pas bien comprendre votre question, notamment deux choses. Premièrement, l’idée que vous avez de la métaphysique, et deuxièmement, l’idée qu’un monde métaphysique régirait celui physique. Pouvez-vous m’en dire plus afin que je puisse vous fournir une réponse qui tenterait de combler vos attentes?
        Merci.

      • 5 jc leroulley 23 décembre 2014 à 3:39

        Bonjour M. Bitang, Telle que je la comprends,la métaphysique relève de la transcendance : j’accorde à nos pensées une « existence » mais, qui, bien sûr, ne peut pas être matérielle. A défaut de mieux, je les imagine « être » dans un espace métaphysique.

        En réalité, je me pose la question la suivante : qu’est ce qu’il y a entre l’activité électrique des neurones et la pensée? on sait que les courants électriques créent des champs électro-magnétiques. Mais, à ma connaissance les fils électriques « ne pensent pas »! Alors, qu’est-ce qu’il y a entre les deux?……Merci de m’éclairer (mais pas en 220 volts, svp)

      • 6 jeanericbitang 7 janvier 2015 à 12:06

        On appelle métaphysique en général, toute pensée qui pense que notre monde a un rapport avec l’absolu et qui veut (ou ne veut pas) discuter de cet absolu. Si je comprends votre définition, vous optez pour un point de vue plutôt littéral: métaphysique = ce qui est au-delà, au dessus de la physique. L’espace métaphysique est donc une réalité de nature méta-physique. En espérant vous avoir bien compris, voici ce que je peux vous dire.
        Premièrement, je tiens à souligner que je ne suis pas spécialiste de ces questions. Un bloggeur présent sur wordpress: françois loth, vous serait peut-être davantage utile que moi.
        Deuxièmement, puisqu’il faut quand même que je réponde, je sais que la pensée n’est pas produite par autre chose que l’activité du cerveau, c’est à dire des neurones. Et si les fils électriques ne pensent pas peut-être est-ce parce qu’ils n’ont pas de cerveau, c’est-à-dire une disposition particulière de la matière ayant entrainé un développement suffisamment conséquent pour produire la pensée. Les animaux, il me semble, doivent aussi être rangés dans cette catégorie.
        Pour répondre donc à votre question de départ, celle de savoir si nos pensées procèdent (c’est-à-dire sont du domaine je crois) de la métaphysique, je pense avoir répondu dans mon article, surtout en me référant à votre définition: la pensée (les pensées) procèdent d’une chose physique (les neurones du cerveau), mais ne sont elles-mêmes pas matérielles (physiques si je vous comprends bien). L’autre question de savoir si un univers métaphysique contrôle nos actes est du domaine de la métaphysique comme je l’ai défini de manière générale en ouverture de propos. A mon avis, le physique produit le métaphysique et pas l’inverse.
        J’espère vous avoir satisfait.
        Merci et désolé encore pour le malentendu.

      • 7 jc leroulley 7 janvier 2015 à 3:03

        Un blog me fait penser à une croisée des chemins. On s’y rencontre venant d’horizons différents et ne parlant pas forcément la même langue. Je suis de formation scientifique et vous, d’après ce que je comprends, plutôt philosophique. Il est donc logique qu’il faille s’accorder sur le sens des mots utilisés. “Happy, meeting you!” car grâce à vous et à l’excellente question de votre femme, j’ai pu progresser dans cette difficile question qui me “turlupine” depuis des années : nos pensées sont notre véritable carte d’identité ; elles font de chacun d’entre nous des êtres uniques quelque soit le temps et l’espace. Elles constituent l’essence même de notre humanité. Il est donc naturel que je sois comme l’enfant qui coure après la grenouille pour voir comment ça saute. En fait, j’ai plutôt l’impression de courir après un papillon impossible à attraper.

        “A mon avis, le physique produit le métaphysique et pas l’inverse.” dites-vous.

        Tout le problème est là :
        – si le physique produit le métaphysique => alors les philosophes et/ou les scientifiques attraperont le papillon.
        – si c’est l’inverse => ils ne l’attraperont pas ; sauf, peut-être après avoir franchi le Rubicon!

        J’ai découvert, pendant vos ”vacances internet”, que notre échange se rattache à la très vieille discussion philosophique sur le dualisme corps-esprit. Des articles bien documentés sur Wikipédia, permettent une bonne approche historique du sujet.
        J’ai découvert aussi qu’à l’instar de nous-mêmes, philosophes et scientifiques sont en train de converger vers ce thème grâce aux progrès importants des neuro-sciences.

        Ci-dessous les documents (crédibles, scientifiquement parlant) que j’ai consultés :

        Qui est le “je” qui pense ?

        La conscience de soi expliquée par les neurosciences sociales :

        Peut-on mesurer la pensée ?

        La conscience autoréflexive :

        LE CERVEAU DE LA CONNAISSANCE: PHYSIOLOGIE DE LA COGNITION ET IMAGES DU CERVEAU
        http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_cerveau_de_la_connaissance_physiologie_de_la_cognition_et_images_du_cerveau.859

        Les RV du futur Etienne Klein:

        Ils sont encore très loin d’attraper le papillon ; mais, vu la quantité et la qualité des neurones engagés dans la poursuite, il va être passionnant de suivre leurs progrès!
        Merci encore à votre femme d’avoir ouvert le débat. Mais, il faut trouver la solution rapidement car, peut-être qu’un jour, pas si lointain, la question sera caduque. En effet, les progrès récents de la Physique Quantique nous font douter de la matérialité de ce que croyons être le “réél”.
        Si un fil nous relie au papillon, il est en train de se dissoudre aux deux extrémités!

        JCLR

      • 8 jeanericbitang 12 janvier 2015 à 8:30

        Bonjour M. Leroulley,
        S’il n’y avait plus de problème, cela ne serait justement plus intéressant. Ce qui me semble davantage intéressant est que la question que la question a un double accent. D’abord un accent philosophique et ensuite un accent scientifique. Il semblerait, dans ce débat, que le second gagne de la place par rapport au premier…Je ne partage pas forcément l’idée que la science doit « trancher » tous les débats originairement philosophiques.
        Nous n’attraperons jamais peut-être le papillon en question. Pour ma part, je ne connais pas de pensée qui n’aie ou qui ne soit issue de la manière. Lorsqu’on se demande quel est le « je » qui pense, il y a « quelqu’un » de « matériel » qui se pose la question en question.
        Je suis content que vous soyez au courant de la « querelle » en mécanique quantique. Le post-scriptum de Popper à la « Logique de la découverte scientifique » pose en effet la question du « réalisme ». Un philosophe camerounais, Emboussi Nyano, s’est penché et se penche encore sur la question. Dire « réel » ce n’est pas forcément dire « matériel ». Les nombres par exemple sont « réels » sans être « matériels »…
        Cordialement.

  2. 9 jc leroulley 28 décembre 2014 à 4:47

    Étrange votre manière de rejeter ma demande sans un mot d’explication!
    Pas très correct!

  3. 10 jc leroulley 28 décembre 2014 à 4:50

    1000 excuses! merci d’annuler mon commentaire. Je n’avais pas vu qu’il était en attente de modération. Désolé.

  4. 12 Jean Claude Leroulley 18 août 2017 à 4:25

    Bonjour M. Bitang, je souhaiterais vous soumettre un texte dans lequel j’ai inséré notre discussion sur ce sujet. J’ai besoin de votre accord pour valider cette insertion. A quelle adresse de courriel je puis vous faire parvenir ce texte? Cordialement. JC Leroulley


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