Peut-on s’affranchir de la subjectivité?

Cet article est une version légèrement modifiée d’un commentaire que j’ai fait sur une page de Facebook sur la question qui tient lieu ici d’intitulé.

Je voudrais directement entrer dans le sujet en posant qu’il est impossible de s’affranchir de la subjectivité pour une raison très simple. La subjectivité veut dire « ce qui dépend du sujet », c’est à dire de celui qui apprécie ou qui exerce son jugement. L’homme en tant que « celui qui apprécie », que ce soit de la science, de l’art ou quel qu’autre produit artistique ou esthétique fait acte de « subjectivité ». En tant que nous sommes des hommes, nous sommes foncièrement subjectifs.
L’objectivité quant à elle se décline en deux branches. Il y a d’abord l’objectivité « classique » véhiculée par la notion de « chose en soi », c’est à dire que l’objectivité est le point de vue de l’objet sur lui même indépendamment de l’acte de connaissance ou de simple jugement de la subjectivité. Ensuite, il y l’objectivité « scientifique » qui n’est plus le point de vue de l’objet, mais la « vérité » en tant que cette dernière considérée comme apodictique, est l’accord des différentes « subjectivités » sur le jugement d’une seule ou d’un groupe de ces dernières. C’est ce type d’objectivité qui est scientifique.
Maintenant que j’ai exposé les « objectivités », il serait tout normal de me demander en quoi est-ce que la subjectivité est incontournable. Je répondrais à cette question que l’homme « décide » toujours de tout ce qui l’entoure. Décider ne veut pas dire donner le « feu vert » ou « permettre » ce qui arrive. Décider veut dire « donner un sens ». En donnant un « sens », ne serait-ce que par le biais d’une définition de la chose (de l’objet donc), l’homme (subjectivité) altère l’objectivité ( considérée comme « chose en soi ») puisqu’il est clair que la définition subjective de l’homme est différente de la définition objective que l’objet peut avoir de lui-même. Mais l’objet n’est pas capable de nous définir ce qu’il est, son sens lui est donc « attribué », c’est à dire qu’il n’a d’essence que celle qu’une subjectivité lui donne. En dehors de cette attribution, il n’y a de « chose en soi ». La « chose en soi » est donc une erreur, seule existe la « chose en l’homme », c’est à dire l’appréciation subjective de l’objectivité de la chose.
En ce qui concerne l’objectivité scientifique, on aura tôt fait de remarquer qu’il s’agit d’un « accord » des subjectivités et non d’un décret objectif qui tomberait du ciel. Là aussi la subjectivité est omniprésente puisqu’elle détermine le début et la fin du processus de connaissance. Le début de ce processus en ceci que la formulation qui tient lieu de sujet de débat des subjectivités est émise par une « subjectivité ». A la fin de ce processus, ce sont toujours les « subjectivités » qui s’accordent pour conférer « l’objectivité scientifique » à la formulation foncièrement subjective.
Publicités

0 Responses to “Peut-on s’affranchir de la subjectivité?”



  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




Calendrier

octobre 2010
L M M J V S D
    Nov »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 107 autres abonnés


%d blogueurs aiment cette page :