Philosophie africaine et histoire de l’Afrique

 

« […] il serait absurde de rendre notre passé plus négatif qu’il ne le fut en réalité. C’est donc au philosophe africain qu’incombe la tâche de retracer avec le maximum de rigueur et d’objectivité l’histoire de notre pensée. Le rappel de cette tâche soulève le problème délicat des limites de notre histoire, problème qui se pose d’une façon neuve depuis les importants travaux de Cheikh Anta Diop. »

Marcien Towa, Essai, op. cité, p. 70.

 

On a dit que M. Towa refusait toute capacité de penser à l’Afrique. Cette citation issue de l’ouvrage qu’on dit abriter une pareille idée devrait permettre d’écarter une pareille façon de penser. On y lit que M. Towa invite à étudier de près l’histoire de l’Afrique et précisément à ne pas la rendre plus négative – ni plus positive – qu’elle ne fut en réalité. Il invite donc à une analyse objective, dénuée de sentiment, de complaisance et d’agressivité de l’histoire de la philosophie africaine. Cette analyse, il la tentera lui-même dans L’idée d’une philosophie négro-africaine. Nous pouvons donc dire que M. Towa, lorsqu’on le lit suivant cet angle d’approche historique de la philosophie africaine, n’est pas différent d’un philosophe de la renaissance africaine puisque cette mouvance insiste sur la manière dont on doit écrire l’histoire. Sur ce point, on comprend très bien que M. Towa est nkrumahiste car selon le penseur ghanéen : « Notre renaissance africaine insiste beaucoup sur la façon de présenter l’histoire [puisque] L’histoire de l’Afrique telle que l’exposent les universitaires européens, a été encombrée de mythes pervers »[1]. Pour savoir qui nous sommes actuellement et comprendre la distance qui nous sépare de l’Europe, nous devons savoir, objectivement, qui nous avons été pour pouvoir éviter de répéter les mêmes erreurs que nos ancêtres. Or pour savoir qui nous sommes, nous devons réécrire notre histoire, nous-mêmes, de façon objective, en nous débarrassant des mythes pervers qui y ont été introduits par les impérialistes européens afin de légitimer leur domination sur nous.


[1] Nkrumah K., Le Consciencisme, tr. fr. Jospin L., Paris, Payot, p. 99 et p. 97.

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