La vraie justice


L’idée de justice est au cœur la réflexion politique en philosophie puisque le grand problème de cette branche est de résoudre la difficile question du bien être en communauté. La justice prend donc des proportions très importantes et il y a lieu de s’interroger. Il y a d’autant plus lieu de s’interroger que ce mot, de nos jours, semble être tellement mal utilisé qu’il en perd tout son sens. Nous utiliserons ici une actualité récente : la mort, ou plutôt le meurtre – s’il faut parler proprement et pas euphémiser – de Ben Laden. Plusieurs Américains  disent avoir trouvé la « paix » du cœur grâce à ce meurtre et espèrent que les âmes de leurs compatriotes reposent en paix puisque « justice » a été rendue. Quel genre de justice ?

Platon définissait la justice comme la cohésion sociale, l’harmonie des parties dans la cité, harmonie qui était réalisée par le fait qu’aucun corps de métier ne fasse autre chose que la tâche qui lui était confiée. Ptahhotep avait une vision moins hiérarchique de la justice et la considérait comme le respect de la droiture, de la norme suprême du comportement : la Maât. Nietzche aborde la justice d’un point de vue plus tranché et en décalage avec ses deux compères qui considèrent la justice du point de vue social. Chez Nietzsche, la justice est d’abord juridique, et elle est le produit rendu par cette institution : ce produit, c’est la vengeance. S’il faut rapprocher les actes des Etats-Unis et les pensées de la plupart de ses citoyens de ces différentes conceptions de la justice, la plus proche serait sûrement celle de Nietzche : une version belliqueuse de la justice : la vengeance. En effet, puisque Ben Laden a tué des Américains, il ne serait pas juste de le mettre en prison, mais seulement de lui faire subir le même sort qu’à ses victimes : la mort. Tout se passerait sans problèmes si les tenants d’une pareille justice continuaient leur réflexion jusqu’au bout en l’appliquant à eux-mêmes, et surtout en n’incitant pas les autres nations à faire autrement que se venger.

Lorsqu’on homme commet un crime, il le commet contre la société et c’est à la société, c’est-à-dire à l’instance juridique et non à l’armée, de se venger. Le fait que le Président soit omnipotent au Etats-Unis ne change rien à la réalité des faits. La mort de Ben Laden est un crime et la comparaison avec une quelconque justice est très maladroite. Les Etats-Unis ont tué un homme, même si cet homme est un terroriste. Un meurtre reste un meurtre, et il doit être puni. Barack Obama doit être traduit à la Haye.

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