Archive pour novembre 2011

Maire et/ou pasteur ?

J’ai passé le weekend dernier à Edéa parce que j’assistais à un mariage et ce sont les impressions que j’ai eues du  maire d’Edéa Ier que je viens coucher dans le présent article. J’ai surtout été surpris par le fait que ce dernier ait littéralement fait un sermon plutôt qu’un acte étatique d’institution du mariage. J’avoue, avant hier, je n’avais assisté à aucun mariage civil ce qui fait que je ne savais pas bien comment cela se passe, mais j’avais quand même quelques apriorismes, notamment en rapport avec la constitution de mon pays qui stipule qu’il est un pays laïc, c’est-à-dire que les choses de l’Etat sont séparées de la spéculation religieuse. J’ai donc été normalement surpris quand notre maire a commencé à raconter aux époux l’histoire d’Adam et Eve et de l’institution du mariage par Dieu. Et de notre maire de conclure : « Dieu est le premier officier d’Etat civil ». Interrogeons un peu ce mythe du mariage vu par la Bible pour en montrer la bêtise.

Le premier argument contre le mythe biblique du mariage est la haute tendance phallocrate. Dieu crée naturellement l’homme en premier, c’est pourquoi il doit commander, et la femme ne vient qu’après, que plus tard. Au lieu d’être moulée comme l’homme, c’est-à-dire de rien, elle est moulée de la côte de l’homme, c’est-à-dire d’une de ses parties. Est-ce pour que la femme soit la chair et le sang de l’homme ou est-ce, comme je le pense, pour que la femme ne soit pas ontologiquement égale à l’homme ? Il me semble qu’en créant la femme de façon autonome et non de la manière dont on dit qu’il l’a fait, Dieu aurait posé l’égalité des sexes. Par contre, si on considère la création dans son sens fantasmatique – car c’est bien de ce style de création qu’il s’agit lorsque la sphère de son application dépasse le cadre strict de l’esprit humain – comme l’attribut par excellence de la bonté divine, alors l’homme est ontologiquement supérieur à la femme, car il est fruit d’une création pure, immédiate, alors que la femme n’aurait une existence que médiate. Ainsi, la femme n’est pas crée par Dieu, mais simplement moulée au sens où chez les Egyptiens antiques ainsi que chez Platon, le démiurge « façonne » le monde à partir de l’océan indéterminé : le Noun c’est les premiers et la matière chez Platon. Du point de vue de la Bible donc, la femme n’est pas ontologiquement égale à l’homme. Ainsi, n’en déplaise à notre maire-pasteur, Dieu n’est pas que le premier « officier d’Etat civil » – ce qui est d’ailleurs faux car ce concept s’applique strictement à l’homme à moins qu’on ne le pervertisse dans des digressions fantasmatiques –, il est aussi le premier à avoir posé les différences ontologiques entre les sexes, et plus tard, dans la même Bible, entre les races. Dieu, parce qu’il crée l’homme et fabrique la femme à partir de l’homme est tout simplement injuste, car la femme ne vaut même pas autant que les animaux qui eux au moins bénéficient de la création pure. Si Dieu peut tout, il aurait très bien pu arriver aux mêmes fins en créant à la fois Adam et Eve – à moins que, la création achevée, il n’eut plut assez de force pour continuer de créer ; constat qui remettrait en cause sa toute puissance. Le discours de la Bible est presque toujours de cette tendance. Lorsque le leitmotiv n’est pas « Seulement les hommes » comme lors de la multiplication des pains où il n’est pas nécessaire de compter les êtres inférieurs que sont les femmes et les enfants, il est au moins « Les hommes d’abord » comme nous venons de le voir. C’est simplement inacceptable ! La Bible, dans l’esprit, est un livre moyenâgeux et il doit être considéré comme tel ! Faire reculer l’histoire de l’humanité à l’état de barbarie phallocrate, voilà son but caché !

Le second argument contre ce mythe concerne la calomnie que l’homme fait à Dieu. En effet, les chrétiens veulent nous faire avaler, nous, qui croyons que si Dieu doit exister, il doit le faire sur le mode fantasmatique suprême de la perfection. Lorsqu’on lit dans Genèse que Dieu vit que ce qu’il avait crée était bon et qu’après, il se dise à lui-même : « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul » (Genèse 2, 15), il ya lieu de s’interroger sur la portée de la puissance gnoséologique. Ce que veulent nous faire croire les chrétiens, c’est que Dieu ne sait pas tout, ou pire qu’il se trompe, car c’est bien la marque de la capacité de se tromper que traduit la dichotomie de ce jugement. Platon avait bien compris que pour que la connaissance parfait puisse exister, il faut arrêter le mouvement, pourtant, ce Dieu tel qu’il nous est présenté dans la Genèse réfléchit, en d’autres termes, il évolue dans la pensée. Si Dieu a une pensée, il faut que sa pensée soit toujours immobile, qu’elle ait tout pensée à l’avance, c’est-à-dire avant même qu’elle ne soit, qu’elle ait pensée son existence et celle de tous les autres êtres avant que ceux-ci, eux-mêmes ne pensent. Ce n’est pourtant pas le cas ici. A la manière d’un homme, c’est-à-dire d’un créateur, Dieu réajusterait son œuvre, n’en saisirait pas toute la portée. Comme le compositeur se rassasie de son œuvre après avoir l’avoir conclue par une  dernière cadence parfaite, mais dans la nuit en modifie le développement, Dieu affirme d’avoir la complétude de son œuvre, puis affirme lui-même qu’elle est incomplète. Comment un type qui est sensé tout connaitre peut-il se tromper sur la nature de sa création s’il n’est un homme ? C’est ici que se situe la calomnie, car on dit de Dieu tout ce qu’on veut dire sauf ce qu’il faut dire, c’est-à-dire que Dieu est Dieu. Dans la perspective de la Genèse et il en ainsi de la bonne partie de la Bible, Dieu n’est pas Dieu et on voit bien qu’il n’est qu’un simple personnage qui obéit au schéma narratif emprunté par l’auteur de tel ou tel livre de la Bible. On le voit bien : à travers cette calomnie, il n’y a aucune parole de Dieu qui tienne, mais seulement la parole imparfaite et imprécise de l’homme qui dit sur Dieu des choses qu’il ne peut pas faire. La 12è pensée philosophique de Diderot nous mettait déjà en garde contre cette façon erronée de présenter Dieu : « Oui, je le soutiens, la superstition est plus injurieuse à Dieu que l’athéisme »[1]. Très souvent, nous limitons l’entendement infini de Dieu à la lisière du notre.

Ce que ces deux critiques nous montrent, c’est que la référence à la Bible est grandement inacceptable, car elle est porteuse d’incompréhensions et d’idées moyenâgeuses. La conséquence directe de notre critique est que le maire doit s’en tenir à son rôle et laisser la lourde tâche de calomnier à la fois Dieu et la femme au Pasteur de sorte que lui seul, si Dieu existe, subisse les fougues qu’on dit dans la Bible que ceux qui calomnient Dieu subiront. Voilà une raison. L’autre est en rapport avec les attributions du maire qui est maire et non pasteur ! Entre l’Etat et l’Eglise – et quelle que religion que ce soit d’ailleurs – il faut marquer, mieux, accentuer le fossé que creuse notre constitution. L’athée que je suis aurait bien de la peine à se retenir lorsque venant célébrer son union devant les hommes, il lui est présenté les règles dites divines. On peut aimer sa femme et la respecter sans passer par Dieu. Cette référence à Dieu pour le mariage a une autre tare dont nous discuterons la prochaine fois et qu’on trouve encore naturel dans notre société. D’ici à là: vive les mariés !


[1] Diderot D., Pensées philosophiques, Lettres sur les aveugles, supplément au voyage de Bougainville, Paris, G.-F., 1972, p. 36.

 

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Contre le «Maghreb» [III]

III.

DE L’AFRICANITE DU MAGHREB

On aura donc bien compris que la section précédente n’avait d’autre but que de démonter la notion d’arabité, condition essentiellement de la suite de notre discours visant à fonder l’africanité du Maghreb. Dans cette section, il sera essentiellement question de montrer que puisqu’il est impossible que l’Afrique du Nord soit de quelle que façon que ce soit, rattachée à l’Arabie, il est indispensable de trouver son point d’ancrage en Afrique. On pourrait ici nous dire que la démarche est un cul-de-sac puisqu’il suffirait d’appliquer les arguments utilisés plus haut contre l’arabité pour que l’africanité vole elle aussi en éclats. Peut être, mais nous n’en sommes pas sûr comme nous allons le voir plus loin. Mais permettons-nous de faire remarquer que ce qui nous intéressait principalement ce n’était pas le caractère d’arabité en-soi, mais en tant qu’il peut – et qu’il est – être communiqué à l’Afrique du Nord. En clair, nous ne voulons pas dire qu’il n’existe pas d’Arabes, mais que cette terminologie ne peut en aucune façon être appliquée à l’Afrique du Nord.

Comment fonder l’africanité du Maghreb ? Il faudrait surement partir de quelques arguments. A ce niveau, il est clair que les arguments de la langue et de la religion ne soient que trop inadaptés pour pouvoir fonder une telle adhésion, le Maghreb étant pour la plupart arabophone alors que le reste du continent a été l’objet de conquêtes impérialistes avec les conséquences linguistiques que cela implique. De même que l’Arabe a habité l’Afrique du Nord avec sa religion, les colons ont imposé dans le reste de l’Afrique leurs religions, dont la principale est le christianisme. Partir de ces bases triviales pour fonder l’unité africaine et l’africanité du Maghreb, c’est très incontestablement donner des coups d’épées dans de l’eau. Qu’en est-il de la généalogie ? Peut on dire que les Maghrébins sont Africains par ce que leurs ancêtres le sont ? Utiliser un tel argument serait désastreux pour notre propos, car les Maghrébins ne sont pas des descendants d’Africains, mais aussi parce que, comme nous l’avons vu plus haut, l’homme est ce qu’il se fait et non une simple répétition de l’histoire, fusse t-elle une empreinte génétique ou identitaire. De ces trois arguments donc personne ne semble pouvoir nous aider, pourtant, l’argument de la terre utilisé plus haut devrait faire l’affaire.

Du point de vue géographique, le Maghreb occupe l’espace qu’on appelle « Afrique » sur la terre et à cause de cette situation, cette entité appartient à l’espace qu’elle occupe, c’est-à-dire à l’Afrique. Attention, qu’on ne confonde pas notre argument ! Nous ne voulons pas dire que tous les habitants du Maghreb sont des Africains, mais nous voulons dire que les pays qui le composent sont situés sur le territoire africain et qu’à cause de cette détermination géographique, ces Etats sont Africains. Qui pourrait argumenter de façon contraire à celle que nous proposons sans s’exposer au ridicule ? Nous tenons donc notre premier argument : la géographie. Il peut s’énoncer comme suit : le Maghreb est africain parce que les pays qui le composent sont situés sur le continent africain. Mais il y a plus qu’être situé sur le continent, il y a le fait d’être Africain. Qu’est-ce à dire ?

Si la situation a quelque chose de contingent, car on peut très bien argumenter que le Lesotho occupe l’espace de l’Afrique du Sud sans être l’Afrique du Sud, la question de la nationalité vient régler le problème de façon définitive. La nationalité est une notion souple, plus souple et donc plus malléable que l’identité. En effet, l’identité propose que les choses soient définies une fois pour toutes, or il y a dans cette attitude une tendance au fixisme idéaliste, car soit alors il faut nier le mouvement – ce qui est impossible – soit il faut poser un monde qui échapperait au devenir et à partir duquel on tirerait les définitions des choses. Quoi qu’il en soit, l’identité renvoie directement ou indirectement à l’incapacité d’évoluer, à une négation du mouvement, donc du progrès. Pourtant la nationalité, en tant qu’elle est une notion plus souple, qui peut changer et ainsi s’adapter à la plasticité humaine, semble plus approprié pour parler de ce qui nous concerne. Elle n’enferme pas une fois pour toutes l’homme dans des catégories soigneusement préparées à l’avance et elle lui permet d’être autrement que ce qu’il est. L’exemple de la naturalisation que nous avons utilisé plus haut devrait nous permettre d’y voir plus clair. On ne choisit pas son identité, car elle nous est donnée à l’avance, de façon historico-ontologique, mais on peut choisir sa nationalité comme beaucoup d’humains le font aujourd’hui. C’est dire que la liberté est à l’œuvre dans le concept de nationalité quand elle est exclue du concept d’identité qui est défini une fois pour toutes. Que stipulerait donc notre argument dans cette situation ? Il stipulerait simplement et un peu naïvement, sans pour autant être facilement rejeté, que toute personne ayant la nationalité d’un des 53 pays qui composent l’Afrique est Africain et que parce que les pays qui composent le Maghreb, c’est-à-dire le Maroc, la Tunisie et l’Algérie sont des pays Africains, alors leurs ressortissants sont des Africains et non des Arabes. Cet argument est intéressant à plus d’un titre.

Premièrement il permet de sortir des généralisations raciales trop rapides et trop grossières, du genre « Tout Noir est Africain ». C’est parce qu’il partage ce genre de généralisations que quelqu’un comme M. Hountondji peut écrire, sans se soucier de l’exactitude historique, que Guillaume Amo est « Un philosophe africain dans l’Allemagne du XVIIIe siècle »[1]. De l’Afrique, Amo n’a que la couleur de peau de l’époque. Je dis bien de l’époque, car il était alors assez rare de rencontrer à part dans les maisons des Maitres Blancs, des Noirs vivant en liberté autre part qu’en Afrique. Lorsque M. Hountondji dit qu’Amo est un philosophe Africain, il dit en réalité qu’il est un philosophe Noir. Si on suit sa logique, M. Zidane est un footballeur Algérien et non Français. Ce qui est totalement absurde ! Les dribbles et les trophées de M. Zidane sont à mettre à l’actif du pays pour lequel il a joué, c’est-à-dire la France. Si on suit encore M. Hountondji, on pourrait très bien jouer pour la France sans être Français ou, pire, qu’on puisse diriger la France sans être Français… Mais l’exemple de M. Zidane n’est pas très parlant car il peut être détourné et mal interprété. Prenons plutôt le cas de M. Obama. Doit-on intitulé un chapitre d’un livre à lui consacré : « Obama : un président africain dans l’Amérique du XXIe siècle » ? M. Obama n’a de l’Afrique que la couleur de peau et il n’a rien d’autre d’ « africain » : c’est un Américain, tout simplement parce qu’il a la nationalité de ce pays. Le jour où M. Obama troquera sa carte nationale d’identité pour celle d’un pays africain, alors là, et seulement là, il sera un Africain, pas avant ! On voit comment la nationalité brise les apriorismes grossiers, mais elle peut aussi, dans la même lancée, faire reculer le racisme et ses ramifications. Il aurait simplement fallu qu’en Afrique du Sud on juge les gens sur leur nationalité et non sur la couleur de leur peau pour que les choses se soient autrement passés que de la manière que nous le connaissons.

Deuxièmement, l’argument de la nationalité permet de s’adapter à la nature mouvante de l’homme, car elle affranchit à la fois des racines, c’est-à-dire du hier, mais aussi de l’éternité. Le hier peut aussi être analysé comme la géographie, car parce que la situation que nous trouvons nous précède, elle exerce sur nous une certaine action coercitive. Avec la nationalité, la géographie devient quelque chose de futile, de passager, de factice et non plus quelque chose de substantiel. Le futur caractérisé ici par l’éternité est la possibilité d’être ou de ne pas être, ou, en des termes plus clairs : l’alternative. Le futur c’est le domaine de l’inconnu, or parce qu’il est inconnu, il est essentiellement un terrain vierge : il n’est que possibilité. L’identité supprime cette possibilité comme la tradition, entendu dans un sens primitif le faisait à une époque. Pourtant, nous sommes de l’avis de M. Eboussi Boulaga qui dit que « La tradition n’est pas un corpus clos, un livre révélé. Elle est ouverte. »[2], ouverte parce qu’elle ne fait pas que répéter le passé, mais qu’elle a la lourde tâche d’inventer l’avenir. Parce qu’elle peut changer, la nationalité n’enferme pas l’individu dans une boite, elle s’adapte merveilleusement bien à la nature de l’homme qui est de ne pas en avoir. La nationalité n’est jamais définitive en-soi et elle s’actualise chaque jour dans le contrat que l’individu passe avec lui-même. L’identité par contre, l’individu s’épuise à la réaliser et quand bien même il pense s’en être affranchi, on se plait de le lui rappeler : « Français d’origine camerounaise » par exemple, ou « Afro-américain ». Cette insistance sur l’identité, l’origine est la base de la xénophobie, des ségrégations raciales, etc. alors que la nationalité permet de s’élever au dessus de ces structures de pensées archaïques pour accéder à quelque chose de plus grand.

On le voit clairement, le principal avantage de la nationalité est sa plasticité quand la rigidité est le principal défaut de l’identité. A la question : « Pourquoi les Maghrébins sont-ils des Africains ? », on répondra sans risque de se tromper : « Parce qu’ils possèdent trois des 53 nationalités africaines » sans pour autant qu’on exclue le fait qu’ils peuvent à tout moment adopter une nationalité autre et donc cesser d’être ce qu’ils sont pour choisir d’être ce qu’ils veulent être. La nationalité donne le choix ; la nationalité donne ce choix que l’identité refuse : le choix d’être ou de ne pas être ce qu’on est.

La conséquence naturelle de la section qui se termine par ces lignes est le refus de la rigidité de l’identité pour le primat de la plasticité de la nationalité. Pour cette raison nous ne pouvons pas parler aussi d’identité africaine, mais seulement de nationalité africaine entendue comme la somme dialectique des identités constitutives de notre continent. Parce qu’il n’y a pas d’identité qui vaille, il n’y a pas non plus d’identité maghrébine. Et, parce que le Maghreb n’est pas une entité à part entière, elle est une partie de l’Afrique et doit être considérée comme telle. Le « Maghreb » n’existe pas ! Seule existe l’Afrique !


[1] Hountondji P., Sur la « philosophie africaine », Yaoundé, CLE, 1980, p. 139. C’est le titre du cinquième chapitre du livre.

[2] Eboussi Boulaga F., La crise du muntu, Paris, Présence Africaine, 1977, p. 157.

« Au sens où nous l’entendons »

 

Le titre de cet article est issu de l’émission de Laurent Ruquier sur France 2 : « On n’est pas couché » de samedi dernier (12/11/2011). Nous le devons à BHL qui, invité par le présentateur pour présenter son nouveau livre, a profité pour nous édifier sur le sens de la Démocratie à l’Occidentale, et précisément à la Française.

Commençons, avant d’entrer dans ce qui nous intéresse vraiment, par le fait que ce type a parlé de la manière dont son Président a armé les rebelles sans craindre de représailles. Il arborait la tenue d’un justicier masqué venant sauver les « révolutionnaires » de Benghazi. Que le Président français puisse armer une rébellion en Afrique est tout à fait normal à ses yeux, car il fallait « protéger la population » du Monstre Kadhafi. Justement, parlons de ce nom vide : « Protection des civils ». BHL explique de façon pédante l’attaque de l’OTAN qu’il tente de fonder en raison en lui prêtant notamment une certaine « moralité », moralité du sentiment, moralité de la pitié envers Kadhafi. Il nous dit en effet que l’OTAN avait laissé la porte ouverte à Kadhafi, c’est-à-dire qu’il lui avait laissé l’opportunité de fuir le pays. Cette volonté manifeste de « tendre la main » à Kadhafi se traduit concrètement par le fait, nous dit le colon Français, que les aéroports de la Libye ont tous été détruits, sauf celui de la résidence de Kadhafi. Mais ici, je suis surpris que les chroniqueuses de M. Ruquier n’aient pas posé la question du spectre d’action de l’OTAN. En quoi est-ce que bombarder tous les aéroports du pays sert-il à protéger les civils ? Les aéroports sont-ils des armes de destruction ? Quiconque veut être conséquent avec lui-même se voit dans l’impossibilité de répondre autrement que par la négative. Il n’existe aucun lien logique ou martial entre l’aéroport et le fait que les civils libyens sont tués. Il y a dans cette attitude une seule chose de vraie : la volonté de détruire ! Les colons peuvent parler sans être inquiétés et avouer leurs crimes sans avoir peur des représailles, tout simplement parce que la justice a deux vitesses et qu’elle fonctionne où sens où « eux », ils l’entendent, c’est-à-dire dans le bon sens, tout autre sens étant de facto étant considéré comme inférieur, primitif, indigène, inapproprié, dictateur, et qui plus est, s’il vient d’Afrique ou est proposé par un singe noir. Ce qui compte dans un concept, c’est le « sens où nous l’entendons », nous, c’est-à-dire les Occidentaux !

Aberration ! Lorsque Natacha Polony demande à notre colon pourquoi son amour désespéré et naïf de l’autre et de sa condition ne le mène pas en Syrie, il répond qu’il n’a pas de don d’ubiquité. Répondant de cette façon, ce colon nous prend pour des imbéciles, car qui a dit qu’il était nécessaire qu’il se dédouble pour aller en Syrie. Puisqu’il a pu améliorer la situation du peuple libyen et que le peuple syrien est lui aussi dans la tourmente, il peut s’y rendre maintenant, car des gens meurent aussi là bas, à moins que notre colon de service juge les existences-pétroles-libyennes supérieures aux misérables existences syriennes. Le peule libyen vaudrait-il plus cher que celui syrien ? J’aurais aimé qu’il soit honnête et qu’il confesse que les raisons pour lesquelles on ne bombarde pas la Syrie est que ce pays est un allié stratégique des USA, mais bien sûr, sur ce genre de sujet, la pente est très glissante…

Pourquoi est-ce que j’écris donc cet article ? La raison est que je suis choqué de l’attitude d’un soit disant défenseur de la démocratie qui utilise, pour fonder son raisonnement, autre chose que des arguments démocratiques. S’il faut résumer la démocratie, car c’est pour cette raison que les colons bombardent notre continent, il ne faut pas chercher son principe dans le peuple, mais dans la pluralité, car l’idée du peuple est suspecte. Elle est suspecte d’abord parce qu’elle semblerait laisser penser que le peuple est un, unique et uniforme, or c’est justement le contraire : le peuple est pluriel, il se dit de plusieurs façons. Elle est ensuite suspecte parce qu’elle laisse planer un fondement autre que celui démocratique : l’effacement de la personne. Lorsqu’on dit le peule, on oublie très rapidement que ce peuple n’est peuple qu’en ses composantes, c’est-à-dire dans les individus qui le composent. Le peule est donc doublement pluriel. D’abord dans ses composantes individuelles et ensuite dans sa façon de penser – si jamais on admet, ce qui est le cas en démocratie, que le peuple pense –. La démocratie n’est donc pas la loi du peuple, mais la loi du nombre, du pluriel.  Lorsque le colon BHL nous dit que la Libye sera démocratique « au sens où nous l’entendons », il tue directement la démocratie et nous révèle la vraie nature dictatoriale du travail occidental en Afrique. On vient vous imposer la façon dont « nous entendons » les choses et si jamais vous refusez cette façon de faire, on vous bombarde. L’équation est très simple et malheureusement elle n’a rien de démocratique : c’est de la dictature. Sous les airs angéliques occidentaux se cachent de vrais démons ! Le loup est dans la bergerie et il faut l’en faire sortir ! Ce mot est à prendre au sens où ils l’entendront, puisqu’ils entendent toujours mieux que tous les Nègres et les tous Hommes de la terre réunis.

Pour nous les hommes

 Hier, je regardais un peu la télévision et je suis tombé sur une émission sur « Canal 2 international » : « Canal Matin ». Nadine, la co-présentatrice, mettait quelques nouvelles sur la table. Ce qui m’a marqué c’est cette histoire au Zimbabwe où des femmes ont violé – oui, oui, violé – des hommes pour recueillir leurs spermes. Au-delà du fait que le viol est un acte répressible par la loi, j’ai été choqué du rire prolongé de la commentatrice. En semblait de moquer de la situation. Si on peut rire à postériori et surtout lorsqu’on est une femme – la présentatrice ou la violeuse –, il n’y a rien de drôle dans la situation de l’homme qui se fait violer. Je comprends qu’il est quand même bizarre que des femmes violent des hommes, mais qu’on en rie, je suis contre ! J’aimerai bien, puisque le viol est une activité très drôle, que lorsqu’elle présentera le viol d’une femme, elle rie de la même sorte, puisque le viol est « rigolo » (dixit la présentatrice).

Pour ma part, je ne vois rien de drôle dans le fait de forcer un individu à avoir des rapports sexuels avec soi, que cet individu soit une femme ou un homme. Très souvent, ce sont les hommes qui sont laissés à côté de la plaque. Très souvent, ce sont les hommes le sexe faible, comme dans ce cas.

Contre le « Maghreb » [I et II]

 par

Jean Eric BITANG

I.

DES RAISONS ET DES BUTS DE CET ARTICLE

Pourquoi titrer cet article « Contre le “Maghreb” » ? Une prise de position aprioriste tendrait à me classer dans la « maghrébophobie ». Ce n’est pas le cas. Il faut donc que je m’explique. Et pour ce faire, je dois dire ce que j’entends par l’expression « Maghreb » que j’utilise bien entendu avec guillemets. J’entends par « Maghreb » non la partie septentrionale de mon continent, celle que forment l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, mais le mythe de la supériorité et de l’arabisme de cette région. Je n’ai rien contre les « Maghrébins », c’est-à-dire l’ensemble composé des Algériens, des Tunisiens et des Marocains. Ce qui je fustige par le mot « Maghreb » c’est cette tendance à séparer cette partie de l’Afrique pour la rattacher à l’Arabie. Le Maghreb serait ainsi une colonie de l’Arabie et non une partie de l’Afrique. Chez Hegel, ce qu’on appelle « Maghreb » serait un bras de l’Occident et précisément de l’Espagne qui se serait malheureusement (?) détaché de la patrie mère lors que la dérive des plaques.

Qu’on soit donc bien clair : je ne suis ni contre l’existence du Maghreb en tant qu’entité géographique, ou en tant qu’ensemble formé par les pays du Nord de l’Afrique, mais en tant que cette partie se croit rattachée à l’Arabie et non à l’Afrique et que ses habitants taxent – de façon un peu péjorative et pédante – les autres Africains, majoritairement Noirs d’ « Africains » comme s’ils ne l’étaient pas eux-mêmes. Je suis contre le fait que les « Maghrébins », mes frères, se sentent plus Arabes qu’Africains. Ce « Maghreb », continuation de l’Arabie est celui que je récuse, celui que je hais. L’autre Maghreb, celui qui est une partie de l’Afrique – une partie très importante qui plus est – est celui que j’aime et que je veux promouvoir.

Qu’on ne s’arrête donc pas qu’au titre de mon article, et si on ne veut en lire que quelques lignes, ces dernières qui tiennent lieu d’introduction et d’avertissement devraient largement suffire.

II.

QUE SIGNIFIE L’EXPRESSION « ETRE ARABE » ?

La logique aristotélicienne encore largement utilisée en argumentation nous apprend que pour réduire un raisonnement à néant, il faut s’attaquer non à sa conclusion, mais à ses prémisses. Essayons de former le syllogisme répugnant qui constitue l’idéologie « maghrébine ». Il pourrait se formuler comme suit :

(1) Les Arabes sont les ancêtres des Maghrébins ;

(2) Or, les Arabes ne sont pas les ancêtres des Africains ;

(3) Donc, les « Maghrébins » sont Arabes et non Africains.

Le sous-entendu jamais questionné dans ce syllogisme est la question de l’arabité. Qu’est-ce qu’en effet, être arabe ? En effet, ce qu’en répondant à cette question qu’on pourrait légitimer le fait que les Maghrébins puissent être rattachés à l’Arabie et non à l’Afrique. Sur cette question de l’arabité, on peut répondre de plusieurs manières. Contentons nous de n’analyser que les réponses les plus communes.

L’arabe est d’abord une langue. On est ainsi tenté de taxer les « arabophones » d’Arabes. Serait donc Arabe toute personne qui parlerait la langue Arabe. Un tel critère peut il être solide ? Il semble bien que non, et ce, dès le premier coup d’œil critique. Au Cameroun, les populations du Nord à majorité musulmane parlent bien l’Arabe, mais sont-ils Arabes pour autant ? Pas du tout. La faiblesse de cette définition tient dans le fait qu’elle occulte le fait que la langue peut, comme les maladies, se propager et qu’alors le territoire des gens qui la parlent s’agrandit. Si la langue est un critère valable pour déterminer la nationalité ou l’origine d’un individu, ce qui est vrai de l’Arabe doit aussi l’être des autres langues. Prenons par exemple le Français. La transposition du raisonnement arabe tendrait à dire qu’est Française toute personne qui parle le Français. Mais une telle définition est-elle valable ? Dans les colonies, les Noirs soumis parlent bien le Français. Le Cameroun a comme une de ses langues officielles le Français. Doit-on conclure que les Camerounais sont des Français ? Bien sûr que non ! Mais au-delà de la faiblesse de cet argument, on peut noter autre chose de fondamental : c’est que son soubassement est hautement porteur de sentiment de domination. Comment ? L’explication est simple. Ce n’est que dans le cadre de l’expansion de l’Arabie et de sa langue que l’arabe a pu être parlée plus loin qu’aux frontières de l’Arabie. Donc, ceux qui se définissent par la langue sont des colons qui veulent agrandir le territoire sur lequel est parlée leur langue. Cette transition nous propose déjà le deuxième argument pour l’arabité en filigrane : le territoire, la terre.

En rapport avec la terre, on décrètera qu’est Arabe toute personne qui occupe le territoire qu’est l’Arabie, c’est-à-dire la péninsule d’Asie entre la mer rouge et le golfe persique. Est-ce alors un argument suffisant pour justifier l’arabité ? Cet argument, tout comme celui qui le précède, est hautement incomplet. Il stipule en effet deux choses de totalement impossibles. Premièrement, il stipule tacitement que tous les habitants de l’Arabie sont Arabes, c’est-à-dire issus de cette terre. On peut très bien s’installer en Arabie sans être Arabe. Parce qu’il ne tient pas compte des voyages, du mouvement, des mutations, l’argument est fragile. Et il est encore fragile du point de vue même de sa construction, car il lie l’homme à la terre. Je pense ici pouvoir suivre le Dr Kenmogne, qui, dans une conférence qu’il a prononcée au CCF de Douala, rappelait à l’assistance que « Les hommes ne sont pas des arbres », c’est-à-dire qu’ils ont des pieds, et qui dit pieds, dit capacité de s’arracher à son milieu d’origine : capacité de migrer. Un Arabe cesse t-il d’être Arabe lorsqu’il se rend en Occident ? Serait bien téméraire celui qui tenterait de répondre à cette question par l’affirmative. L’argument défectueux sera donc aménagé comme suit : « Est Arabe toute personne dont les origines se trouvent en Arabie ». On pensera ainsi avoir résolu le problème, car l’Arabe ne serait plus astreint à résider sur sa terre natale. Mais même cette variante de l’argument a des problèmes, car elle stipule qu’on est toujours qui on est. Or, suivant la voie tracée par Sartre, et définissant l’homme non comme un être en-soi, mais comme un être pour-soi, nous pensons que l’homme est non ce qu’il est – ce qui est une propriété de l’en-soi – mais ce qu’il se fait. L’homme ne peut pas être réduit à épuiser seulement son être. L’homme est homme justement en ceci qu’il peut être autrement que ce qu’il est : il n’est pas condamné à n’être que ce qu’il est. Au contraire, il est condamné à être libre c’est-à-dire, pour utiliser une expression appropriée, à s’être chaque jour. Si on doit juger de la « nature » de l’homme se serait surement à la fin de son être et pas avant. C’est pourquoi « L’existence précède l’essence »[1] et pas l’inverse. Dans la logique de l’argument présenté plus haut, l’essence précède l’essence et l’homme n’est plus un pour-soi, mais un en-soi.

Passons à coté de ces développements métaphysiques et prenons des exemples concrets comme celui de la naturalisation. On peut naitre Arabe et mourir Juif, tout comme on peut naitre Africain et mourir Européen, etc. Haendel est né Allemand et mort citoyen de la Couronne d’Angleterre. Françoise Mbango, championne olympique sous les couleurs du Cameroun concourt aujourd’hui pour les couleurs du drapeau français, et les exemples sont légion. La nationalité d’un individu peut changer, et il peut délibérément abandonner ses racines. Je vois déjà venir l’objection selon laquelle les Arabes ont un sentiment d’attachement très fort à leurs origines ou à leurs racines, mais l’homme ne se dit pas par rapport à son origine, mais par rapport à ce qu’il est au moment où on l’approche. L’origine n’est rien d’intéressant dans la description de l’individu. Elle peut aider, comme l’étymologie peut aider à comprendre un mot, mais parce que l’étymologie se ferme au mouvement et à l’histoire du mot, très souvent, cette approche s’avère caduque. Il en est de même pour les idées de racines et d’origine. Si on s’en tient aux racines et aux origines, aucun Français n’est Français ! Mais qui pourrait soutenir une pareille thèse ? Parce que l’argument qui précède a montré tout son potentiel de fausseté, il faut en employer un autre. On utilisera cette fois ci la génétique.

De ce nouveau point de vue, l’Arabe est celui dont les parents sont Arabes, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Mais si on se transmet la nature – car ce terme d’Arabe est utilisé ici comme une nature, c’est-à-dire un donné ne varietur que lègueraient les parents à leurs enfants – on peut aussi penser, suivant le même procédé argumentatif, que tous les Noirs sont des esclaves, puisqu’ils sont tous fils, petits fils, arrière petits fils et arrière arrière arrière petits fils d’esclaves. Qui oserait soutenir une pareille thèse ? L’argument ne vaudrait-il que pour l’arabité, mais pas pour l’esclavage ? Il faut se résoudre à mettre l’idée d’identité ne varietur hors jeu dans notre recherche argumentative, car tout comme l’argument invoqué plus haut – celui de l’origine – l’argument génétique est grandement incompétent pour justifier l’arabité, car il enferme le sujet dans un donné déjà-là et impossible à modifier alors que nous avons vu que le donné peut être modifié par l’homme, même s’il est soit disant naturel ou génétique. Je ne veux pas dire que si on nait avec une maladie génétique on peut changer cet état des choses, mais je veux montrer que sur tout ce qui peut subir l’action humaine, l’homme est le maitre, et on ne peut le réduire à une sorte de « perroquet » qui se contenterait de répéter le déjà-là plutôt que se consacrer à ré-inventer le futur. Faut-il donc se résoudre à définir l’arabité ? Nous n’avons pas fait le tour de toutes les définitions possibles, mais cet exposé ne serait pas indicatif de la réalité s’il ne présentait pas le dernier argument invoqué pour justifier l’arabité : la religion.

En effet, on pourrait tenter de définir les Arabes par rapport à la religion. Ici, le critère d’arabité serait l’Islam. C’est ainsi qu’on peut dire, comme j’ai lu sur un blog que j’ai fréquenté récemment que

« « Quiconque naît dans l’Islam, est un Arabe. » C’est ce qui est rapporté par Abu Ja’far. Ceci, car celui qui est né dans l’Islam, est né dans un milieu arabe et s’est familiarisé avec leur langue. »[2].

Mais, même ici, et comme avec les autres arguments, on se heurte à quelques problèmes logiques. Supposons d’abord qu’il est possible de naitre dans l’Islam – fait qu’on récusera par la suite –, ce fait est-il suffisant pour nous qualifier d’Arabe ? Beaucoup de Camerounais n’ont connu d’autre religion que l’Islam, mais sont-ils Arabes pour autant ? Cela n’est pas possible. Mes compatriotes sont bel et bien des Camerounais, ou pour utiliser un terme qui siérait aux racistes, des « négro-africains ». Mais allons plus loin. Est-il possible de naitre dans une religion ? En clair, la religion est-elle un fait naturel ? Si on répond par l’affirmative, on pose que le bébé qui nait est déjà musulman, on pose que la religiosité est une nature et non une culture, c’est-à-dire un donné inné plutôt qu’acquis. Pourtant tout porte à croire, comme le dit admirablement bien M. Njoh-Mouelle « … qu’on ne nait ni témoin de Jéhovah, ni catholique, ni musulman, on le devient, culturellement, artificiellement »[3]. On « devient » musulman, c’est-à-dire qu’on adhère consciemment, volontairement – ou pas, car aux débuts de la religion musulmane comme de toutes les religions d’ailleurs, la force a longtemps contraint les hommes à se convertir –, plus ou moins librement. « Etre musulman » veut dire adhérer au credo musulman, et cette adhésion ne peut être que consciente. De ce point de vue, naitre dans une religion est proprement impossible. Je ne dis pas qu’il est impossible de naitre dans une famille musulmane ou chrétienne ou que sais-je encore, je veux dire que l’individu qui adhère à la religion le fait en âme et conscience et non sous le couvert de ses parents ou de sa famille, car la religion est d’abord une affaire d’individus partageant la même vision du monde, de Dieu, etc. Etre musulman est donc indéfectiblement lié au fait de com-prendre – dans le sens littéral de prendre avec soi – les lois de l’Islam et ses principes. On ne nait et on n’est musulman que quand ce stade est atteint. Je passe sur les déviances que pourrait occasionner la définition de l’identité sur un critère aussi moyenâgeux que la religion…

Que doit-on retenir de cette incursion dans l’arabité ? C’est qu’aucun des arguments invoqués jusqu’ici n’a réussi à fonder l’arabité et que la notion demeure floue. Comment donc, une notion floue peut-elle être rendue davantage floue lorsqu’elle est appliquée à l’Afrique ? On ne sait même pas ce qu’est un Arabe et on voudrait que l’Afrique du Nord se réclame de l’Arabie ? Si on se fait à notre analyse, l’Afrique du Nord se réclamerait d’une notion floue alors qu’elle pourrait se réclamer d’une notion bien plus claire : l’africanité.


[1] Sartre J.-P., L’existentialisme est un humanisme, Paris, Gallimard, Coll. « Folio Essais », 1996, p. 26 et suivantes.

[2] « Qu’est-ce qu’un Arabe ? – Définition de Shaikh ul-Islâm Ibn Taymiyyah » in soumna.com. url : http://www.sounna.com/spip.php?article94, consulté le 2 novembre 2011.

[3] Njoh-Mouelle E., De la médiocrité à l’excellence, Yaoundé, CLE, 3 è éd., 1998, p. 134.


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