AND THE WINNER IS KANT (II)

Une morale faible et affaiblissante

La morale chrétienne des Témoins de Jéhovah repose sur un principe de soumission aveugle à l’autorité despotique d’une omnipotence-omniprésence-omniscience qui écrase toute tentative de penser par soi-même, c’est-à-dire toute capacité de s’opposer à lui. C’est pourquoi la morale chrétienne est binaire : Ou Bien, ou Mal. Mais il serait intéressant d’interroger ce Bien. Quand est-ce que le Bien est Bien ? A cette question, les chrétiens répondront que lorsque le Bien suit l’ordre de Dieu. Faire le Bien c’est donc obéir à Dieu, et comme par miracle, il y a des gens qui savent plus que nous ce que Dieu veut et qui sont, en vertu de ce pouvoir surnaturel, capable de nous dire ce que Dieu veut pour nous. Ce sont d’abord les personnes qui ont écrit la bible, et ensuite celles qui la commentent et qui se réclament d’une certaine autorité divine. Le principe moral chrétien est donc « obéir à Dieu », mais il faudrait qu’il soit affiné de cette manière « obéir à Dieu en obéissant aux hommes finis qui disent parler pour lui et dont on n’est pas sûr, justement parce qu’ils sont des hommes, qu’ils disent la vérité et qu’ils n’utilisent pas ce nom pour nous maintenir sous leur joug ». Lorsqu’on regarde ce principe de loin, on ne voit pas à quel point il est dangereux, mais lorsqu’on l’applique par exemple en société, nous comprenons qu’il est d’une efficacité de domination redoutable.

Dieu est le « Roi des cieux », c’est-à-dire que les rois sur terre ne peuvent être que l’image du Roi du ciel. C’est justement pour cette raison que les rois dans les monarchies se disent « envoyés », « élus » ou carrément « fils » de Dieu puisque leur pouvoir vient de lui. Or, si en tant que roi, le roi de la terre participe à la royauté divine, c’est un commandement suprême que de lui obéir et de ne pas tenter de le renverser, car renverser l’envoyé de Dieu, c’est renverser Dieu lui-même. Rappelons-nous de ce que « L’Eternel » dit à Paul alors qu’il persécutait ses messagers. Dieu lui demande : « Pourquoi me persécutes-tu ? ». Rappelons-nous maintenant le principe moral chrétien : la soumission, l’obéissance à Dieu. Dans ces conditions, il ne faut pas tenter d’améliorer les choses, car elles sont comme elles sont parce que Dieu en a décidé ainsi. Sur le plan social, la morale chrétienne aboutit à la contemplation simple de l’ordre établi. Jusqu’ici, on ne comprend pas bien les sous-bassement d’une telle morale, mais lorsqu’on interroge la nature de cet ordre, tout s’éclaircit.

L’ordre social en place – et ce depuis plusieurs millénaires déjà – est celui de la domination des riches sur les pauvres, des forts sur les faibles. Dans cette histoire, le clergé a toujours occupé une place de choix dans la hiérarchie à cause de ce que nous venons de dire. Nous savons d’ailleurs jusqu’où est allé le zèle des ecclésiastiques et où a porté le zèle des musulmans. Les religieux ont toujours occupé dans cette histoire de domination une place proche du sommet, c’est pourquoi ils n’ont pas intérêt à ce que les choses changent, sinon elles changeront en leur défaveur. Dieu devient ici, la garantie non de l’ordre moral, mais de l’ordre social dans lequel ces religieux occupent une place de choix. On comprend mieux pourquoi la morale chrétienne se rechigne à l’action et au changement et préfère plutôt la contemplation de l’ordre établi. On dira donc et on encouragera les citoyens à faire de même : « C’est Dieu qui veut et on n’y peut rien ». La morale chrétienne a ceci de particulier qu’elle parle à l’autre, parce que celui qui parle – à la fois Dieu et ceux qui parlent pour lui – s’excluent des commandements. On insistera ainsi sur le tu, plutôt que sur le nous, ou sur quelque chose de plus général comme le mode impératif. A partir de là, nous déterminons aisément que les créateurs de la morale chrétienne sont des gens de mauvaise foi – Dieu compris – car la morale, comme nous l’avons dit plus haut, doit s’appliquer à tout monde, homme ou Dieu. La morale chrétienne se révèle être ainsi un puissant outil d’asservissement permettant de maintenir l’autre à qui elle s’adresse dans son état de sous-développement. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ce soient dans les continents les plus sous-développés qu’il y ait le plus de c(h)réti(e)ns.

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