AND THE WINNER IS KANT (III)

Une morale de l’angoisse de la non-liberté

La seule chose de vrai dans l’affirmation : « Dieu n’existe pas », c’est qu’immédiatement, le pape, les imans, les moines et leurs suites n’existeront plus eux-aussi. Et cela, de leur point de vue, est totalement impensable ! La réalité de Dieu est qu’il est donc un « fond de commerce », une « marchandise » qui permet à quelques charlatans de gagner leur vie en maintenant leurs « vaches à lait » dans un état d’angoisse perpétuel de sorte qu’ils puissent aisément les traire à volonté. L’angoisse, venons-y. Elle est plus vive dans la religion que dans la vie, et le mélange de l’angoisse existentielle à l’angoisse post-existentielle n’est plus souhaitable que le mélange du mal sur le mal. C’est déjà très angoissant de vivre, de s’occuper de soi et/ou des autres – si nous avons une famille. La pression qu’exerce le simple fait de vivre sur nos consciences et sur notre être est sans limites, et le suicide marque, quelques fois, cette fuite en avant de l’angoisse qui nous tenaille. Mais cette angoisse au moins, elle nous suit au quotidien et elle s’éteint lorsqu’on meurt. L’angoisse post-existentielle de la religion nous plonge dans l’angoisse du futur, de l’après. Après angoissé pour notre vie, nous angoissons pour après-notre-mort. En clair, dans l’optique religieuse, il faut toujours que nous soyons angoissés. Mais il y a une différence entre l’angoisse existentielle et l’angoisse religieuse. C’est que dans la première angoisse, l’homme est libre face à ses actes et il a le choix : être ou ne pas être, faire ou ne pas faire. C’est justement ce choix qui est angoissant, car le saut est un saut dans l’inconnu, dans le néant. A l’opposé, l’angoisse religieuse est angoisse de l’impossibilité du choix, car nous sommes en face d’un « Grand Manitou » qui, de toutes façons, sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, et sait même avant nous, ce que nous allons faire. La liberté que nous pensons avoir n’est donc qu’une liberté de façade dans cette optique, et l’angoisse religieuse révèle son vrai visage : angoisse du manque de liberté. S’il faut être angoissé, autant mieux l’être parce qu’on est libre, plutôt que parce qu’on le l’est pas !

Et l’angoisse chrétienne s’accompagne de peur. Ici, il faut distinguer d’un coté les Témoins de Jéhovah et les catholiques et leurs excroissances. Commençons par les seconds, car leur angoisse et la peur qui va avec semble être la mieux répandue parmi les esprits de nos frères. Le sommet de l’angoisse catholique et Cie, c’est l’Enfer, entendons, le lieu de la tourmente ultime où Dieu fera « rôtir ? », « brûler ? », en tout cas, où Dieu punira les hommes qui n’auront pas été moraux, c’est-à-dire, ainsi que nous l’avons vu, qui ne lui ont pas obéi, lui, le Tout Puissant Maitre de l’Univers – Dieu serait-il Hitler ? Il n’est pas besoin de revenir ici sur l’idée développée plus haut selon laquelle la morale chrétienne était une morale de la soumission et que sur le plan individuel et social, elle n’encourage pas l’épanouissement critique. Insistons plutôt sur la manière donc nos catholiques et Cie présentent leur angoisse pour mieux nous vendre leur remède : Jésus. L’angoisse des catholiques et Cie est angoisse devant l’Enfer, angoisse devant l’impossibilité de faire autrement que comme ce que Dieu – qu’on ne voit pas – mais selon ce que les gens, hommes faillibles qu’on voit, disent qu’il a dit. Après nous avoir présenté l’atrocité de l’Enfer, naturellement, en bons publicitaires, les chrétiens catholiques et leur suite, nous disent qu’il est possible d’éviter cette torture et de bénéficier de la bonté du même type qui doit, si nous lui désobéissons, nous envoyer en Enfer. Il suffit simplement de croire en Jésus. Et là, on bénéficiera de la vie éternelle, de la joie éternelle, du bonheur éternel, etc. Les musulmans ont arrêté leur paradis sur la « jouissance éternelle » dans le sens le plus sexuel de ce terme. Nous ne voulons pas discuter de la possibilité de cette « vie  éternelle » et interroger la possibilité réelle du « bonheur » dans cette situation, ni nous demander comment est-il possible qu’on « souffre » en Enfer, alors que sont nos âmes qui y sont, pas plus que nous ne nous interrogerons sur le caractère hautement « matérialiste » des diverses religions, car le vocabulaire employé fait exclusivement recours au sens (bonheur, souffrance, jouissance, etc.). Ces questions, nous les renvoyons à une réflexion ultérieure.

De leur coté, les Témoins de Jéhovah rejettent la thèse de l’existence de l’Enfer et penchent pour la mort. Le vrai « Enfer », c’est ainsi l’impossibilité de revenir sur terre profiter des plaisirs de la vie auprès de Dieu. Ici, au moins, dira t-on, il n’y a ni promesses de flammes, ni de rôti…, mais les techniques sont les mêmes : le support religieux est la peur. Diderot disait à cet effet que si on supprime la peur, on supprime aussi la religion qui s’en nourrit. L’angoisse est donc omniprésente et on tient les religieux par la peur. Naturellement, les hommes médiocres peuvent faire de cette angoisse leur bien, mais c’est prendre le carrefour pour le point d’arrivée, pour parler comme M. Njoh-Mouelle. Une pareille morale de l’angoisse n’est pas prompte à faire de nous des hommes libres, capables de décider librement de notre sort, qui est, précisément, qu’il n’est écrit nulle part, sinon par nous, par les actes que nous posons. Il n’y a ni Enfer, ni Paradis ! Il n’y a devant nous que le néant que nous devons construire : le monde n’est rien d’autre que possibilité, toute-puissance. Et l’angoisse, puisqu’elle est inévitable, doit être non l’angoisse de la non liberté, mais angoisse de la liberté, angoisse d’un océan des possibles et non angoisse d’une réduction des possibilités à un binôme existentiel. Elle doit être angoisse de la prise en main personnelle, réelle et effective de notre vie, plutôt qu’angoisse de se laisser conduire par quel que « guide » que ce soit ! Elle doit être angoisse du Berger et non du Mouton ! Voilà la seule angoisse que je tolère ; voilà la seule angoisse que nous devons tolérer ! Pourquoi donc mélanger une angoisse dogmatique affaiblissante et une angoisse dynamique comme celle existentielle

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