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Ma réponse aux objections de M. Gwodog sur ma dialectique

Voici l’article que m’a consacré mon ami M. Gwodog qui sert ici, de support à ma réponse à lui adressée: http://www.facebook.com/notes/markus-franck-gw….

M. Gwodog,

Je viens de prendre connaissance de votre article qui statue sur, pour reprendre vos termes: « l’origine des conclusions qui affirment l’existence de Dieu ». Je pense que votre analyse est assez juste. En effet, vous semblez avoir saisi l’esprit de la ligne épistémologique et argumentative de mon article, laquelle se lit dans mon concept de « dialectique » qui exprime, non pas comme vous le pensez, la rêverie, mais bien l’idée de transcendance fantasmatique – croyance au surnaturel, à ce qui nous dépasse – propre aux dogmatiques humains. Cette distinction est capitale car mon article comme vous le dites, n’aboutit pas à l’idée de la non-existence de Dieu, mais à son invalidité scientifique. C’est là le sens de ma conclusion et de mon syllogisme que vous taxez, assez gratuitement d’absurde. J’y reviendrais plus tard.

La première erreur que commet votre critique c’est de penser que je viens épurer la science de métaphysique. C’est totalement faux! Je veux épurer la métaphysique de fantasme et là, ça fait toute la différence. Si vous aviez saisi mon concept de fantasme autrement que dans le sens des Idées de Kant – ce qui est dialectique comme je l’ai montré dans mon article -, vous auriez bien compris la progression de ma pensée, seulement, vous restez prisonnier du vieux débat sur l’existence et l’essence alors que je suis au niveau de la consistance épistémologique de Dieu; cette distinction est une erreur fatale à la compréhension de mon propos et cette erreur, vous la commettez et l’exprimez dans votre présente critique, plus d’une fois en assimilant ma différenciation de mes fantasmes et des idées kantiennes à de la « méprise ». Revenons toutefois au problème de la science. Qu’est-ce qu’elle est? De façon générale, la science renvoie à l’étude rationnelle d’un objet réel ou fantasmé. Il est clair que de ce point de vue, à peu près tout peut être « scientifié » – même le fantasme le plus abouti de Dieu puisque la théologie est une science rationnelle au sens de Kant et fantasmatique au mien -. Je devrais d’ailleurs, comme je l’ai annoncé dans mon article, procéder à la rédaction d’un propos pour éclaircir mes positions sur l’existence et la consistance, profitant d’un crochet par la science et le vrai. Les multiples occupations dont je suis littéralement la victime m’en ont empêché jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, la science, en tant qu’étude rationnelle, inclut l’idée de méthode et nous savons, puisque vous citez Descartes, que la méthode a pour but d’atteindre la certitude, la vérité. Mais qu’est-ce que le vrai? Einstein répond que le vrai est l’adéquation avec un objet réel par le biais de l’expérimentation (Einstein, La relativité, tr. de Maurice Solovine, Payot et rivages, 2001, premier chapitre) – je ne peux pas être plus précis puisque je cite de mémoire et j’écris ce commentaire directement sur mon ordinateur. Si vous avez besoin de plus d’objectivité, je vous la donnerai plus tard. Bien que cette définition d’Einstein ne nous semble que grandement incomplète, elle devrait pouvoir suffire ici. En effet, l’idée de vérité – scientifique – rend compte de l’adéquation avec le réel; et comment se produit cette adéquation? Par l’expérimentation assurément! La question de la science est donc intimement liée à la possibilité de l’expérimentation. Je dis bien « possibilité » et non « effectivité » de l’expérimentation. Je profite de cette parenthèse pour exposer la majeure de mon syllogisme sur la science que vous jugez « absurde ». Une étude est « scientifique » ou un objet est scientifique, pas lorsque celui-ci est transcendant à l’expérience, mais lorsqu’elle (il) prend ses racines dans l’expérimentation. Vous ne me direz pas le contraire. Par contre, en ce qui concerne Dieu, la source de la vérité prend effet dans la « révélation » et ensuite dans la « contemplation » que vous exaltez dans votre commentaire sur mon article en première partie de discours en assimilant de pareilles dérives fantasmatiques à l’ordre « naturel » de l’homme. Concernant l’expérimentation et ses résultats, seuls sont scientifiques ceux qui recèlent de la vérité, c’est à dire de l’adéquation avec le réel et parfois – dans le cas des mathématiques – avec des axiomes, c’est à dire des propositions minimales admises comme vraies. C’est à ce niveau que réside la deuxième forme de « scientificité » – la plus aboutie au demeurant -. Le vrai est donc ce qui est scientifique. Pour prendre un exemple, la théorie de la relativité d’Einstein est scientifique, c’est à dire qu’elle possède du vrai. La théorie de l’Esprit absolu de Hegel n’a rien de scientifique, elle est purement fantasmatique puisque Hegel s’en tient à des déterminations a priori coupées et de l’expérimentation, et de l’adéquation avec le réel objectif et social dont Marx montrerait la fécondité pour l’histoire. Le matérialisme dialectique est donc vrai – scientifique – et l’idéalisme hégélien est faux – non scientifique – d’où ma dichotomie épistémologique: vrai et faux, c’est à dire science et non-science. J’en profite aussi pour répondre à M. Malolo et à vous, car vous semblez, tous les deux, concevoir la science de façon dogmatique, c’est à dire comme un recueil de connaissances statiques et immuables au lieu, det plus juste, de la concevoir comme un dynamisme qui se pense et se repense, s’enrichit donc, au fil de l’évolution des hommes et des techniques d’expérimentation. Dès que le non-science n’est plus non-science, elle est science, il n’y a pas de tiers – ni inclus ni exclu -. Ces deux poles sont des antipodes et il n’existe aucun moyen de les rattacher autre que l’expérimentation. De là, je me prononce catégoriquement contre M. Malolo et j’affirme qu’il n’y a que la science – considérée comme le vrai ainsi que je le montre – pour régler les affaires de la vie. Si un sorcier affirme qu’il comprend sa sorcellerie et qu’il peut la rendre intelligible, nous sommes en présence de science. La sorcellerie n’est non-science que pour qui ne la conçoit pas comme intelligible et je ne pense pas avoir exclu la non-science du monde, mais seulement du domaine du vrai. Le critère suprême de la science est le vrai que procure l’expérimentation et sur ce point, personne ne pourra me dire que Dieu et les fantasmes ne sont rien d’autre que de la non-science, c’est à dire du faux. M. Gwodog, il ne faudrait pas rester prisonnier des conceptions épistémologiques antérieures aux miennes – exception faite du marxisme – pour comprendre la science comme un Tout déjà réalisé, mais il faut la comprendre, à la manière de Marx, comme un Processus sans cesse se faisant et incluant donc, dans ce mouvement l’intégration d’autre chose que soi, c’est à dire laissant la porte ouverte à la transformation dialectique – au sens marxiste cette fois-ci – de la non- science vers la science et du faux vers le vrai.

Concernant la question de l’esprit et de son rapport avec la matière et précisément le rapport âme et corps, je dis qu’il faut être profondément aveugle pour refuser de voir l’effort prodigieux des sciences dans ce domaine. De nos jours, on voit bien que ce que nous nommons esprit n’est rien de plus que la conscience dans une optique non fantasmatique et dans l’optique dialectique transcendante, Dieu. Je ne m’occupe pas de fantasme, mais de science et de concepts et je remarque qu’à cet effet, vos critiques sur la dualités sont nulles et non avenues et je vous conseille d’éviter la dialectique dans laquelle vous vous situez en même temps qu’il faudrait assurément réviser votre conception de la matière et de l’esprit à la lumière pour la première de la physique quantique et pour la seconde des neurosciences. Du reste, vos propos sont dialectiques et ne m’intéressent donc pas puisque votre critique est du même ordre à ce niveau.

Il est clair qu’en parlant de qualités de Dieu, vous pouvez faire le rapprochement avec les mythes judéo-chrétiens, mais je pense qu’une bonne partie des croyants évoluent en fantasmant Dieu de la manière dont je l’ai présenté. Concernant l’ « émerveillement » dont vous parlez, dans un opuscule sur M. Towa, que je vous ferai naturellement lire, vous aurez mon point de vue sur l’étonnement platonicien et le début de la philosophie. Il semble tout de même évident qu’il ne suffit pas de s’émerveiller pour que la chose qui limite notre émerveillement existe en soi, c’est à dire indépendant de l’existence que mon émerveillement lui attribue, mais ceci est la réfutation classique de l’argument ontologique. J’ai parlé du « Surhomme » nietzschéen, du Héros bergsonien et de l’homme excellent du M. Njoh-Mouelle dans la conclusion de mon article comme alternative philosophique de la transcendance dialectique; seulement, ici, nous sombrons dans le mythe, celui de l’absolu fantasmé, mais non transcendé de l’homme, donc encore dans le mythe, puisque de pareilles conceptions nous présentent des hommes finis, des Dieux donc et je répète, toute vision d’une pareille transcendance est dialectique. Seulement, comme j’ai évoqué ces questions dans ma conclusion, ce n’était pas l’endroit propice pour continuer la réflexion.

Concernant Kant, ma dialectique n’est pas une logique de l’apparence, elle est un fantasme! C’est hautement différent! Kant attribue de la consistance à ces idées puisqu’il dit qu’elles guident le travail de l’entendement pur et assure la cohésion de ce dernier, c’est à dire son unité a priori suivant trois axes qui conduisent aux sciences dites par lui « rationnelle » – et on sait l’importance que Kant donne au vocable science qu’il sublime -. Comment dire donc que Kant ne confère pas de consistance scientifique a priori aux idées et au raisonnement dialectique dans ce sens? C’est une bien mauvaise lecture, à mon avis, de la Critique de la raison pure et plus loin de la Critique de la raison pratique où ce dernier fonde Dieu qui est une des Idées qu’il a – dites-vous – écartées de la connaissance. Kant distingue bien les Idées du concept, mais il ne les invalide pas! Moi, j’invalide les fantasmes produits de raisonnements dialectique. Me comparer à Kant, en assimilant nos deux dialectiques est simplement le résultat d’une mauvaise appréciation et de ma pensée et de celle de Kant.

Je remarque cependant que vous avez fait des efforts considérables pour vous approprier ma pensée et que mes déterminations assez nouvelles ont quelque peu pu, surement choquer votre esprit cartésien. Je ne peux que saluer une telle initiative même si je trouve qu’il reste encore, pour saisir le vif de mes propos, beaucoup à faire.

Je suis conscient de ne pas avoir répondu à toutes vos critiques, mais je pense que ce commentaire est bienvenu pour vous permettre une meilleure appropriation de mes thèses.

Jean Eric BITANG,

Douala, 17/09/2010.

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