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Contre le «Maghreb» [III]

III.

DE L’AFRICANITE DU MAGHREB

On aura donc bien compris que la section précédente n’avait d’autre but que de démonter la notion d’arabité, condition essentiellement de la suite de notre discours visant à fonder l’africanité du Maghreb. Dans cette section, il sera essentiellement question de montrer que puisqu’il est impossible que l’Afrique du Nord soit de quelle que façon que ce soit, rattachée à l’Arabie, il est indispensable de trouver son point d’ancrage en Afrique. On pourrait ici nous dire que la démarche est un cul-de-sac puisqu’il suffirait d’appliquer les arguments utilisés plus haut contre l’arabité pour que l’africanité vole elle aussi en éclats. Peut être, mais nous n’en sommes pas sûr comme nous allons le voir plus loin. Mais permettons-nous de faire remarquer que ce qui nous intéressait principalement ce n’était pas le caractère d’arabité en-soi, mais en tant qu’il peut – et qu’il est – être communiqué à l’Afrique du Nord. En clair, nous ne voulons pas dire qu’il n’existe pas d’Arabes, mais que cette terminologie ne peut en aucune façon être appliquée à l’Afrique du Nord.

Comment fonder l’africanité du Maghreb ? Il faudrait surement partir de quelques arguments. A ce niveau, il est clair que les arguments de la langue et de la religion ne soient que trop inadaptés pour pouvoir fonder une telle adhésion, le Maghreb étant pour la plupart arabophone alors que le reste du continent a été l’objet de conquêtes impérialistes avec les conséquences linguistiques que cela implique. De même que l’Arabe a habité l’Afrique du Nord avec sa religion, les colons ont imposé dans le reste de l’Afrique leurs religions, dont la principale est le christianisme. Partir de ces bases triviales pour fonder l’unité africaine et l’africanité du Maghreb, c’est très incontestablement donner des coups d’épées dans de l’eau. Qu’en est-il de la généalogie ? Peut on dire que les Maghrébins sont Africains par ce que leurs ancêtres le sont ? Utiliser un tel argument serait désastreux pour notre propos, car les Maghrébins ne sont pas des descendants d’Africains, mais aussi parce que, comme nous l’avons vu plus haut, l’homme est ce qu’il se fait et non une simple répétition de l’histoire, fusse t-elle une empreinte génétique ou identitaire. De ces trois arguments donc personne ne semble pouvoir nous aider, pourtant, l’argument de la terre utilisé plus haut devrait faire l’affaire.

Du point de vue géographique, le Maghreb occupe l’espace qu’on appelle « Afrique » sur la terre et à cause de cette situation, cette entité appartient à l’espace qu’elle occupe, c’est-à-dire à l’Afrique. Attention, qu’on ne confonde pas notre argument ! Nous ne voulons pas dire que tous les habitants du Maghreb sont des Africains, mais nous voulons dire que les pays qui le composent sont situés sur le territoire africain et qu’à cause de cette détermination géographique, ces Etats sont Africains. Qui pourrait argumenter de façon contraire à celle que nous proposons sans s’exposer au ridicule ? Nous tenons donc notre premier argument : la géographie. Il peut s’énoncer comme suit : le Maghreb est africain parce que les pays qui le composent sont situés sur le continent africain. Mais il y a plus qu’être situé sur le continent, il y a le fait d’être Africain. Qu’est-ce à dire ?

Si la situation a quelque chose de contingent, car on peut très bien argumenter que le Lesotho occupe l’espace de l’Afrique du Sud sans être l’Afrique du Sud, la question de la nationalité vient régler le problème de façon définitive. La nationalité est une notion souple, plus souple et donc plus malléable que l’identité. En effet, l’identité propose que les choses soient définies une fois pour toutes, or il y a dans cette attitude une tendance au fixisme idéaliste, car soit alors il faut nier le mouvement – ce qui est impossible – soit il faut poser un monde qui échapperait au devenir et à partir duquel on tirerait les définitions des choses. Quoi qu’il en soit, l’identité renvoie directement ou indirectement à l’incapacité d’évoluer, à une négation du mouvement, donc du progrès. Pourtant la nationalité, en tant qu’elle est une notion plus souple, qui peut changer et ainsi s’adapter à la plasticité humaine, semble plus approprié pour parler de ce qui nous concerne. Elle n’enferme pas une fois pour toutes l’homme dans des catégories soigneusement préparées à l’avance et elle lui permet d’être autrement que ce qu’il est. L’exemple de la naturalisation que nous avons utilisé plus haut devrait nous permettre d’y voir plus clair. On ne choisit pas son identité, car elle nous est donnée à l’avance, de façon historico-ontologique, mais on peut choisir sa nationalité comme beaucoup d’humains le font aujourd’hui. C’est dire que la liberté est à l’œuvre dans le concept de nationalité quand elle est exclue du concept d’identité qui est défini une fois pour toutes. Que stipulerait donc notre argument dans cette situation ? Il stipulerait simplement et un peu naïvement, sans pour autant être facilement rejeté, que toute personne ayant la nationalité d’un des 53 pays qui composent l’Afrique est Africain et que parce que les pays qui composent le Maghreb, c’est-à-dire le Maroc, la Tunisie et l’Algérie sont des pays Africains, alors leurs ressortissants sont des Africains et non des Arabes. Cet argument est intéressant à plus d’un titre.

Premièrement il permet de sortir des généralisations raciales trop rapides et trop grossières, du genre « Tout Noir est Africain ». C’est parce qu’il partage ce genre de généralisations que quelqu’un comme M. Hountondji peut écrire, sans se soucier de l’exactitude historique, que Guillaume Amo est « Un philosophe africain dans l’Allemagne du XVIIIe siècle »[1]. De l’Afrique, Amo n’a que la couleur de peau de l’époque. Je dis bien de l’époque, car il était alors assez rare de rencontrer à part dans les maisons des Maitres Blancs, des Noirs vivant en liberté autre part qu’en Afrique. Lorsque M. Hountondji dit qu’Amo est un philosophe Africain, il dit en réalité qu’il est un philosophe Noir. Si on suit sa logique, M. Zidane est un footballeur Algérien et non Français. Ce qui est totalement absurde ! Les dribbles et les trophées de M. Zidane sont à mettre à l’actif du pays pour lequel il a joué, c’est-à-dire la France. Si on suit encore M. Hountondji, on pourrait très bien jouer pour la France sans être Français ou, pire, qu’on puisse diriger la France sans être Français… Mais l’exemple de M. Zidane n’est pas très parlant car il peut être détourné et mal interprété. Prenons plutôt le cas de M. Obama. Doit-on intitulé un chapitre d’un livre à lui consacré : « Obama : un président africain dans l’Amérique du XXIe siècle » ? M. Obama n’a de l’Afrique que la couleur de peau et il n’a rien d’autre d’ « africain » : c’est un Américain, tout simplement parce qu’il a la nationalité de ce pays. Le jour où M. Obama troquera sa carte nationale d’identité pour celle d’un pays africain, alors là, et seulement là, il sera un Africain, pas avant ! On voit comment la nationalité brise les apriorismes grossiers, mais elle peut aussi, dans la même lancée, faire reculer le racisme et ses ramifications. Il aurait simplement fallu qu’en Afrique du Sud on juge les gens sur leur nationalité et non sur la couleur de leur peau pour que les choses se soient autrement passés que de la manière que nous le connaissons.

Deuxièmement, l’argument de la nationalité permet de s’adapter à la nature mouvante de l’homme, car elle affranchit à la fois des racines, c’est-à-dire du hier, mais aussi de l’éternité. Le hier peut aussi être analysé comme la géographie, car parce que la situation que nous trouvons nous précède, elle exerce sur nous une certaine action coercitive. Avec la nationalité, la géographie devient quelque chose de futile, de passager, de factice et non plus quelque chose de substantiel. Le futur caractérisé ici par l’éternité est la possibilité d’être ou de ne pas être, ou, en des termes plus clairs : l’alternative. Le futur c’est le domaine de l’inconnu, or parce qu’il est inconnu, il est essentiellement un terrain vierge : il n’est que possibilité. L’identité supprime cette possibilité comme la tradition, entendu dans un sens primitif le faisait à une époque. Pourtant, nous sommes de l’avis de M. Eboussi Boulaga qui dit que « La tradition n’est pas un corpus clos, un livre révélé. Elle est ouverte. »[2], ouverte parce qu’elle ne fait pas que répéter le passé, mais qu’elle a la lourde tâche d’inventer l’avenir. Parce qu’elle peut changer, la nationalité n’enferme pas l’individu dans une boite, elle s’adapte merveilleusement bien à la nature de l’homme qui est de ne pas en avoir. La nationalité n’est jamais définitive en-soi et elle s’actualise chaque jour dans le contrat que l’individu passe avec lui-même. L’identité par contre, l’individu s’épuise à la réaliser et quand bien même il pense s’en être affranchi, on se plait de le lui rappeler : « Français d’origine camerounaise » par exemple, ou « Afro-américain ». Cette insistance sur l’identité, l’origine est la base de la xénophobie, des ségrégations raciales, etc. alors que la nationalité permet de s’élever au dessus de ces structures de pensées archaïques pour accéder à quelque chose de plus grand.

On le voit clairement, le principal avantage de la nationalité est sa plasticité quand la rigidité est le principal défaut de l’identité. A la question : « Pourquoi les Maghrébins sont-ils des Africains ? », on répondra sans risque de se tromper : « Parce qu’ils possèdent trois des 53 nationalités africaines » sans pour autant qu’on exclue le fait qu’ils peuvent à tout moment adopter une nationalité autre et donc cesser d’être ce qu’ils sont pour choisir d’être ce qu’ils veulent être. La nationalité donne le choix ; la nationalité donne ce choix que l’identité refuse : le choix d’être ou de ne pas être ce qu’on est.

La conséquence naturelle de la section qui se termine par ces lignes est le refus de la rigidité de l’identité pour le primat de la plasticité de la nationalité. Pour cette raison nous ne pouvons pas parler aussi d’identité africaine, mais seulement de nationalité africaine entendue comme la somme dialectique des identités constitutives de notre continent. Parce qu’il n’y a pas d’identité qui vaille, il n’y a pas non plus d’identité maghrébine. Et, parce que le Maghreb n’est pas une entité à part entière, elle est une partie de l’Afrique et doit être considérée comme telle. Le « Maghreb » n’existe pas ! Seule existe l’Afrique !


[1] Hountondji P., Sur la « philosophie africaine », Yaoundé, CLE, 1980, p. 139. C’est le titre du cinquième chapitre du livre.

[2] Eboussi Boulaga F., La crise du muntu, Paris, Présence Africaine, 1977, p. 157.

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Sur quoi repose l’identité?

Même note que pour l’article précédent.

Bon, c’était fastidieux de lire tous ces commentaires, mais c’était très intéressant. A part quelques exceptions – Gelas notamment qui  soutient que l’identité est en dernière analyse fondée sur l’absurde, sur le mythe, pour parler comme Pascal Michel sans que le terme mythe ne soit affecté de la même signification – tout le monde – Statue comprise – considère l’identité du point de vue de l’appartenance à un groupe ou à une personne, comme identité, c’est à dire similitude à autre chose; définition qui est, somme toutes, très logique si on s’en tient à ce que La Statue nous a présentée, laquelle est quand même celle d’un dictionnaire, c’est à dire qu’elle est hautement scientifique. Seulement, ici, il s’agit de philosophie, pas de littérature; donc la définition d’un dictionnaire, à moins qu’il ne soit un dictionnaire de philosophie, n’y fait pas totalement foi. Attention, je ne dis pas que c’est faux! Je précise juste que les dictionnaires de littérature définissent les « mots »; ceux de philosophie, des « concepts »; et en philosophie un utilise plus de concepts que de simples mots, c’est à dire qu’un dictionnaire technique est plus approprié qu’un simple dictionnaire de littérature. Je précise au cas où on me traiterait de critique pour la critique; ce qui est très souvent le cas.
Revenons maintenant au sujet. Qu’est ce qui fait l’identité d’une personne? On pourrait reformuler en ces termes: « comment l’individu se construit-il une identité? »
A cette question, la réponse n’est surement pas en regardant les autres, puisqu’elle est une lecture « littéraire » du terme identité. L’identité, surtout sociale, la plus importante de toutes, les identités biologiques et physiologiques pouvant lui être substituées. Je prends un exemple pour montrer que l’acquis est supérieur à l’innée. Un enfant chinois n’a pas une inscription biologique qui le prédestine à parler chinois; il n’a que l’inscription biologique qui le programme pour apprendre; un point c’est tout. S’il grandit dans un univers linguistique chinois, il parlera chinois. S’il grandit dans un univers linguistique autre, bien que chinois de façon biologique, il parlera la langue de ce milieu, il en adoptera les coutumes et les lois etc. L’impact de la société est donc le plus important. Ceci est pour répondre à l’inquiétude de Vi Kankoum qui s’adressait sur ce sujet à La Statue. Ce n’était qu’une parenthèse.
L’identité se construit sur le modèle de la « discrimination », c’est à dire, à l’échelle sociale, de la négation de l’autre. Un de mes enseignants de psychologie, d’ailleurs présent sur Facebook – M. Boris Nguehan – a axé sa thèse de doctorat vers l’étude de l’identité sociale. Ses recherchent l’amènent à développer l’idée selon laquelle la personnalité se déduit à partir des autres personnalités antithétiques à la personnalité en question. Je ne me définis pas selon que j’appartiens à une famille comme certains ont pu le penser pour ce sujet, mais selon que je n’appartiens pas à une famille qui n’est pas la mienne. Le processus d’inscription de l’identité dans l’univers cognitif de l’enfant et par ricochet des adultes, n’est en aucun cas de l’assimilation, mais bien de la discrimination.

Comme je le disais plus haut, l’identité se construit sur la base de la négation de l’autre. Et chaque fois que je nie l’autre, j’enrichis un peu plus le concept, c’est à dire la compréhension que j’ai de moi même. En fait, l’identité fonct…ionne comme la connaissance. Prenons le cas de l’alphabet, pour comprendre le concept « a », c’est à dire la lettre « a », je ne la comprends pas par son identité à elle même, c’est à dire par ce qu’elle pourrait avoir de commun avec elle même. Cela est bien impossible parce que si je la comprends de cette manière, alors je l’ai déjà comprise avant de l’apprendre; raisonnement qui est très faux même pour un sophiste. C’est dire que la compréhension que j’ai ou mieux, que j’obtiens – puisqu’il s’agit de connaissance, c’est à dire du processus de formation du savoir – de la lettre « a » n’est que la résultantes des multiples oppositions que je lui trouve avec les autres lettres de l’alphabet. L’identité est donc la résultante, le produit de la discrimination; et de même que pour l’alphabet, mon identité n’arrive à sa maturité que l’ordre la négation des autres identités l’a atteint aussi. L’identité est donc la synthèse selon le schéma dialectique hégéliens. La thèse c’est le vide absolu, l’antithèse c’est la négation de l’autre, la synthèse l’affirmation de soi, dépassement ultime de la négation de l’autre.
L’identité suppose donc autre chose que la chose qui ou qu’on identifie. Non pas dans un mouvement d’assimilation, mais a contrario, dans un mouvement de négation intime d’identités respectives. L’identité, c’est donc le résultat de la négation de l’autre.
Mais on peut se définir sans se nier à partir d’une chose de même espèce. Ainsi on peut définir l’homme par la négation de la nature et ou par celle des animaux. C’est ce qui arrive lorsque Hegel dis qu’être libre pour l’homme c’est s’opposer à la nature et que c’est de cette opposition que l’homme devient homme, c’est à dire qu’il accède au concept de lui même, ou relativement à notre sujet, à son identité. C’est la même chose qui se produit lorsqu’Aristote écrit que « L’homme est un animal raisonnable ». En effet, comme Hegel, il définit d’abord son concept antithétique – nature chez Hegel, animal chez Aristote -, puis il l’oppose à l’homme pour avoir le concept qu’il cherche. Ces étapes peuvent ne pas être déterminées de façon aussi explicites, mais elles sont, toujours, au moins implicitement opérées.
A partir de ces remarques, on pourrait donc croire qu’il y a une « identité » humaine universelle de telle sorte que cette dernière puisse être déduite de l’opposition d’avec le non humain. Cette question est très importante et elle nécessite un commentaire propre. C’est ce que je m’en vais faire.
Qu’est ce donc que l’identité humaine? Peut-on définir l’homme de façon universelle de telle sorte que la même identité puisse être valable au Cameroun comme en France, aux États Unis comme en Australie?
On pourrait surement le voir sous deux angles. Le premier étant que les hommes ont ceci de commun qu’ils sont amoureux de la liberté. Sur toutes les parties du monde, aucun homme ne se sentirait fier – à moins d’être anormal, c’est à dire défaillant sur le plan psychologique – qu’on l’enferme toute la vie. C’est très vrai. Mais dire qu’on peut trouver une « identité » humaine c’est un peu tirer cette théorie sur des terrains qu’elle n’a jamais postulé.
L’idée d’identité suppose la synthèse comme je l’ai dit tout à l’heure. Dans l’acception hégélienne, ce mot veut dire avant tout « stopper », « mettre fin en dépassant ». Ramenée à notre problème, la synthèse signifie la fin de la négation. Trouver donc l’identité, c’est trouver quelque chose de fiable, quelque chose qu’on ne peut plus opposer à autre chose. En effet, lorsque je m’aperçois que je suis un « camerounais » je ne peux plus opposer ce concept de moi même à ma famille, mais je peux sans conteste l’opposer au concept de « français ». Ainsi si je me définis comme un simple « homme » il est inévitable qu’il est possible de m’opposer encore aux autres hommes. Et même si l’opposition culturelle semble nécessiter un déploiement plus important de notre cognition, laquelle rend compte d’un certain développement mental, les oppositions naturelles – citons seulement la position géographique par exemple – sont là pour me remettre les pieds sur terre.
Résumons donc notre propos car il ne s’agit pas de rédiger une thèse de Doctorat.
D’abord, l’identité se définit par l’opposition à l’autre et l’autre se définit lui même en s’opposant à moi. A la fin de l’opposition, le soi obtient un concept plus ou moins clair. S’il est clair, il tient un concept fiable depuis lequel il va naviguer dans la vie, si non, il l’oppose encore à autre chose que soi jusqu’à ce que ce concept réponde à ses attentes de lui même. Cela ne veut pas dire qu’on peut parler d’ identité humaine puisque ce concept n’est pas clair; il doit encore être au moins travaillé à l’appartenance géographique pour être acceptable même si certaines personnes crient sur tous les toits être « citoyens du monde »; ce qui est faux! Donc à la question: sur quoi repose mon identité, je réponds, sur l’autre et sa négation.

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